Anelka, Kerviel, même motif, même punition

21 06 2010

Ce qui vient de se passer avec l’affaire Nicolas Anelka, et de façon plus large, avec l’équipe de France à la coupe du monde, comme il y a quelques mois avec l’affaire Jérôme Kerviel, qui rebondit lors de son procès, tient à la carence généralisée du management de proximité.

La Société Générale est en train de se dédouaner en expliquant que son trader n’était pas managé et qu’il était impossible de surveiller et de contrôler ce qu’il faisait. Jérôme Kerviel de son côté est en train de se défendre en expliquant que cela arrangeait bien son encadrement de le laisser jouer avec des milliards tant que cela gagnait.

En ce qui concerne l’équipe de France de football, c’est même pire car il n’y a même pas de manager de proximité. Parlant de Raymond Domenech, la presse évoque le sélectionneur, parfois l’entraîneur, les joueurs l’appellent coach, depuis dimanche 20 juin, il est devenu porte-parole des joueurs. Le staff national est une nébuleuse dans laquelle on a du mal à distinguer un réel chef, reconnu comme tel.

Dans les deux cas, pas de patron, ou trop de patrons, trop voix discordantes, et surtout une absence de reconnaissance de la part des subordonnés, d’un véritable manager, dans l’exercice de ses fonctions. Dans les deux cas, nous avons seulement des stars, imbus d’eux-mêmes, forts de leur réussite légitimée par l’argent et le pouvoir technologique pour les uns (traders), médiatiques pour les autres (joueurs de foot). Des voitures de courses, en ce qui concerne le talent et les capacités, mais sans aucun pilote au volant, laissées totalement libres de leurs courses.

S’il n’y a pas de réussite sans exigence, il n’existe pas non plus d’autorité sans reconnaissance de la part de ceux que l’on encadre. Sans management de proximité, et tout ce que cela implique en matière d’exemplarité, relation, engagement, organisation, cohésion de groupe, bref une réelle pratique managériale, il ne peut exister que des leaders, plus ou moins brillants ou violents, que l’on surnomme généralement des caïds. Le film récent de Jacques Audiard (« Un prophète ») a parfaitement montré comme on fabriquait un caïd en prison. Aurions-nous fait de nos petites lucarnes des prisons dorées ?

Bon courage monsieur Laurent Blanc, il va vous falloir faire le ménage, au sens étymologique du terme. Mais pour exercer un management de proximité, il faut aussi en avoir les moyens, la marge de manoeuvre nécessaire et qui va pouvoir vous la donner : la fédération, les médias, le politique ? A force de prendre l’habitude de nier l’existence de la nécessité d’une véritable pratique managériale à tous les niveaux en France, n’est-on pas en train d’en saper les fondements ?

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Coaching, jeux de miroirs et conséquences

21 06 2010

Pierre Olivier SCOTTO, avec sa nouvelle comédie « Coach » au théâtre Saint Georges réussit de belle manière là où le film « Le coach » avec Richard BERRY s’était fourvoyé il y a quelques mois. La pièce met en scène trois vrais personnages, deux coachés (joués avec beaucoup d’énergie et de vérité par Thierry BECCARO et l’auteur) et une coach (jouée par une remarquable Valérie VOGT). L’auteur brosse avec pertinence et tendresse les portraits vifs, drôles de deux hommes que tout oppose, mais qui vont évoluer, chacun sur leur trajectoire, tout au long des séances de coaching, le temps de la pièce. Mais surtout, à la différence du film, la pièce est très crédible et très bien documentée sur la profession de coach en développement personnel. Et là où le film présentait une pâle dérision du métier, la pièce en offre une réjouissante charge respectueuse.

La comédie de Pierre Olivier SCOTTO brosse un tableau critique très amusant de la pratique à la mode aujourd’hui du coaching. La mise en scène, très alerte et particulièrement réussie de la jeune et prometteuse Julie CARCUAC fait que tout le monde peut se reconnaître facilement dans ces personnages mal dans leur peau qui veulent vivre une autre vie que la leur. On rit avec bonheur de leur évolution maladroite et de leur résistance au changement. Mais, pour les professionnels du coaching, la pièce propose une autre lecture. La pièce fonctionne alors comme une critique très pointue des risques, limites et conséquences de la pratique du développement personnel.

A aucun moment, l’auteur ne se moque de la pratique du coaching en tant que telle. Par contre il nous offre une charge joyeuse, souvent décalée, à l’humour très corrosif du rôle de coach, de sa posture, de sa légitimité, des risques de transferts et de contre-transferts. Mieux, la pièce peut légitimement nourrir une réflexion profonde sur la déontologie de la profession récente de coach en développement personnel.

Le personnage de Catherine, la coach, est confrontée aux dangers de sa relation avec « ses » coachés. On ne participe pas impunément au développement de ceux que l’on accompagne. Mais la critique professionnelle n’est jamais didactique. On rit beaucoup en assistant à « Coach », et on y rit heureux ! Il n’y a aucune méchanceté et l’humour de la pièce ne se fait jamais au détriment des personnages. En cela aussi la pièce est conforme à l’esprit du coaching. L’auteur aime ses personnages et nous invite à les aimer avec lui. C’est réussi, l’objectif est atteint !

Dominique Deloche

Coach auteur

Juin 2010

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Il ne suffit pas d’être méchante pour être Fabienne Pascaud !

21 06 2010

réaction à la critique d’Anaïs Heluin parue le 4 juin sur le site 3 coups

Vous n’avez pas aimé « Coach », la pièce de Pierre-Olivier Scotto et c’est votre droit ! Mais votre critique (du 4 juin dernier) qui s’en prend tout autant à la pièce qu’à la profession de coach ou aux personnages, ne prouve que votre insensibilité pour ce type de théâtre, vraisemblablement pour ce type de réalité et sans doute ce type de public. Que veniez faire au théâtre Saint Georges ? Vous faire les dents encore plus acérées pour postuler aux rubriques de Télérama ? Votre présentation sur internet montre assez « votre attirance  instinctive pour le Verbe, la sacralité de représentation théâtrale et votre représentation universitaire ». Etes-vous simplement venue faire la démonstration de votre mépris pour ce théâtre populaire? Si c’est le cas, ce n’est pas très professionnel. D’autant que vous avez tort, mais vous ne pouviez pas le savoir :

Vous faites la confusion entre coaching, thérapie et conseil, alors que ce sont des métiers tout à fait différents. Vous parlez mal, avec beaucoup de virulence de professions que vous ne connaissez pas. Vous vous moquez dans votre critique des gens qui vont se faire aider et se faire accompagner. Ce n’est pas très charitable, et cela n’a rien à faire dans une critique théâtrale. C’est votre opinion, elle n’engage que vous, et ne sert pas le théâtre. Il se trouve que j’exerce la profession de coach et que j’ai croisé beaucoup de gens qui ressemblent à ceux que vous critiquez. Ils ne méritent pas votre mépris. La pièce « Coach », qui est une comédie enlevée, une charge décalée et humoristique du coaching, parle d’un monde que vous ignorez sans doute, et c’est tant mieux car ces personnes n’ont rien à faire de votre mépris.

Pourquoi dénigrer ce théâtre populaire qui parle avec simplicité et tendresse de vrais gens. Car c’est là où vous faites erreur, la pièce est très bien écrite et brosse le portrait de ces personnes un peu perdues qui veulent se sortir de leur condition. Il y en a malheureusement beaucoup dans notre société « décadente », comme vous la nommez. Mais vous n’aimez pas ces gens. Vous avez en commun avec eux et les personnages de la pièce ce que vous écrivez d’eux : le mal-être et l’inadaptation. Il faut que vous restiez dans votre « matrice de signifiés en quête permanente de signification », comme vous le décrivez dans votre portrait sur internet. Vous êtes inadaptée à la vie dont parle cette pièce. Même un coach ne pourrait rien pour vous !

Vous écrivez que la pièce adopte le parti de la moquerie sans concession. C’est totalement faux ! Vous prenez vos désirs pour des réalités. C’est vous la moqueuse sans concession. L’auteur s’intéresse, avec humour et décalage à ses trois personnages. Il se trouve aussi que je suis passionné de théâtre depuis plus de 40 ans. Je ne suis qu’un simple spectateur, mais qui sait reconnaître les personnages lorsqu’ils existent réellement sur une scène de théâtre. Et dans le cas de la pièce « Coach », ils existent. Je les ai rencontré moi aussi, dans la vie réelle. Il est normal que vous parliez de « clichés de genre », vous n’avez sans doute vu cette réalité qu’au travers de photos dans des magazines. Au sens aussi propre que vous pouvez vous le figurer.

Si vous avez vu la régression des deux cobayes dans cette pièce, alors, je peux vous dire que vous êtes passée totalement à côté de ce dont elle traite. Vous déplorez même que l’auteur n’ait pas fait de son personnage de coach «  une conseillère un tantinet plus spirituelle » qui « aurait permis de faire le distinguo entre critique sociale et satire de la vogue du développement personnel ». Mais de quoi parlez-vous ? Un coach n’est surtout pas un conseiller, vous faites là une erreur grossière et un amalgame pernicieux. La critique sociale n’est certainement pas aussi élevée que dans votre éther, mais elle est ancrée dans le réel, et je peux en témoigner. Et la satire est parfaitement vue au contraire, ce pourquoi je m’attache à faire venir au théâtre Saint Georges, tous mes amis coachs, professionnels et respectueux d’une déontologie professionnelle, pour qu’ils puissent au contraire réfléchir aux dangers et limites de ce métier honorable que vous moquez si violement.

Il ne faut plus venir salir, madame Héluin, de votre présence, ce théâtre populaire que vous aimez si peu. Lorsque le critique hautain vient en conscience régler ses comptes, comme vous le faites avec la société que vous trouvez « décadente », il ne fait pas du bien au théâtre qui se bat pour exister, ni au public qui paie sa place; il ne fait que de la peine à des acteurs, metteur en scène et auteur formidables, qui tous les soirs défendent avec talent, courage, respect et tendresse des personnages simplement humains, eux !

Dominique DELOCHE

Coach auteur

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Cinéaste et Manager

21 04 2010

La rédaction du magasine de cinéma « Première » vient de publier un supplément sur le réalisateur français Alain RESNAIS à l’occasion de la sortie de son dernier film « Pas sur la bouche ».

L’exercice du management se dissimule vraiment sous des fonctions, des métiers, dans des domaines variés. Dans ce supplément, j’ai glané quelques mots, sortis des témoignages des collaborateurs d’Alain RESNAIS, comédiens, journalistes et techniciens. Je ne sais pas si Alain RESNAIS, dont j’admire l’œuvre, est un grand manager, mais les personnes qui ont travaillées avec lui en parlent comme s’il l’était. Tout ce qu’ils en disent pourrait se trouver dans un manuel de management. Lire la suite »

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Aller en réunion

29 03 2010

Texte lu sur le tee-shirt d’un vacancier fan de Bobby LAPOINTE

Vous vous sentez seul ?

Vous êtes triste de travailler seul dans votre coin ?

Vous n’aimez pas prendre des décisions ?

Allez en réunion !

Vous pourrez :

-         rencontrer des gens

-         créer des plannings

-         vous sentir important

-         impressionnez vos collègues Lire la suite »

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La responsabilité …

29 03 2010

Il était une fois un groupe de personnes qui avaient pour nom: Personne, Quelqu’un, N’importe qui, Chacun et Tout le monde.

Il y avait une petite tâche à accomplir et Tout le monde était sûr que Quelqu’un s’en acquitterait. N’importe qui aurait pu la faire, mais Personne ne s’en était chargé. Quelqu’un se fâcha car il s’agissait de la charge de Tout le monde. Chacun pensa que N’importe qui aurait pu la faire mais Personne ne réalisa que Tout le monde ne la ferait pas. Il s’en est résulté que Chacun blâma Quelqu’un, alors que Personne n’a fait la tâche que N’importe qui aurait pu réaliser.

texte recueilli dans un dispensaire en Afrique

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Le conte à règler : Oui-Oui le formateur

19 03 2010

Connaissez-vous l’histoire tragique et merveilleuse de Oui-Oui le formateur ? C’est une histoire curieuse, de celle qui vous habite, vous raconte et vous écoute. Une histoire à ne pas mettre dans toutes les oreilles, une histoire à ne raconter qu’entre pairs. Une histoire qui vous coule de la tête jusque dans le cœur, pour voir si vous êtes toujours vivant, toujours révolté, toujours fragile.

Oui-Oui le formateur était le descendant d’une double lignée d’aventuriers et de savants, où se croisaient quels prêtres et deux ou trois philosophes. Oui-Oui le formateur était né des amours torrides de Père Formance et de Mère Fort-Rance. Toute son enfance devait être marquée par cette union contre nature.

Père Formance était un père séduisant, brutal, égoïste et jaloux. Il avait passé toute sa jeunesse en compagnie des Trente Glorieuses, qui formaient une cour de stars et de harpies. Elles avaient fait de Père Formance un champion aux mille exploits, toujours envié et flatté, ivre de succès, nageant dans le strass et les sun-lights. Hérault de la société de Consommation, il la servait en esclave, lorgnant avec gourmandise son trésor le plus précieux : l’âme des enfants. Il vivait dans une caverne de bacchanales. L’ogre était dans la tombe et regardait la main qui paie. Toute son enfance, Oui-Oui le formateur avait entendu son Père Formance lui enseigner les 3 préceptes de la réussite : l’argent, le pouvoir et la gloire. Ebloui par la force de son Père Formance, Oui-Oui le formateur avait pris le chemin de la réussite, ce qui faisait la fierté de son père.

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L’égoïsme est une erreur économique

19 03 2010

L’homme est un loup pour l’homme

Depuis l’origine, on sait que le travail est une contrainte (cf source étymologique «tripalium »). Depuis le début du 20ème siècle, on croit que c’est en déshumanisant le travail (taylorisme, optimisation des process industriels) que l’entreprise fait des gains de productivité, donc crée de la richesse.

Depuis le premier quart du 20ème siècle (Elton MAYO, et à sa suite tous les courants sociologiques du travail), on sait, au contraire que c’est en humanisant le travail (en lui redonnant du sens), que l’on génère plus de motivation et que cette motivation rejaillit sur la qualité des contributions dans l’entreprise.

Au fil de l’eau (20ème siècle), nos organisations du travail ont changé, plus ou moins vite, avec plus ou moin s de bonheur et de réussite, en fonction des secteurs d’activité.

Enfin, ce qui a surtout changé, c’est le discours: économie de service, partenaires sociaux, solidarité, développement personnel, fidélisation de la clientèle, rapports Gagnant/Gagnant, relation d’aide, charte qualité, développement durable, projet d’entreprise  …

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Il faut sauver le soldat manager

19 03 2010

Dans l’entreprise d’aujourd’hui (souvent construite sur une organisation matricielle – pyramidale et transversale), chaque manager  de proximité (manageant une petite équipe de 3 à 10 subordonnés (n-1) devrait consacrer environ 1/3 de son temps à faire du management. Le reste du temps est réparti entre celui consacré au traitement de dossiers suivis en propre, celui consacré à l’émergence de nouveaux projets, enfin celui consacré au suivi de clients particuliers (grands comptes) ou au développement, selon l’expertise technique, de son domaine d’activité.

Mais ça, c’est la théorie, car en pratique, un manager consacre trop souvent 110 ou 120% de son temps à ne traiter que les problèmes urgents sur tout un tas de dossiers et projets dans lesquels il est immergé au quotidien.

Nommé sur son expertise technique, le manager vit son management comme une charge en plus, parfois simplement honorifique (le titre), voire une responsabilité humaine dont il n’a pas forcément voulue. Son ambition était d’évoluer professionnellement dans son métier. Il a accepté la condition. On lui a expliqué que cette évolution passait obligatoirement par l’exercice du management. C’est encore aujourd’hui une fonction subie, plus qu’une fonction choisie.

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Con Sultan(t) For(t) Mateur

19 03 2010

Les titres utilisés par les formateurs pour se (re)présenter forment une longue liste où figurent des appellations aussi restrictives (animateur) qu’ésotériques (andragogue), aussi ambigues (conseil en formation) que lointaines (training manager), etc ….

J’ai choisi celui de consultant formateur pour quatre raisons qui me semblent bien symboliser notre métier:

- dans le mot « consultant » il y a le mot « con ». L’une des caractéristiques majeures de ce métier est bien de valoriser le droit à la connerie. L’action de formation est et doit rester un exutoire, un espace de liberté où la bêtise n’est pas la forme la moins intéressante de « pensée à côté ». La créativité, le décalage, la remise en cause, l’humour, le rire, la provocation et le paradoxe sont le lot quotidien du formateur en action. Moitié charognard, moitié marchand d’espérance, il incarne parfaitement le chevalier « Braillard » pourfendant la résistance au changement.

- dans le mot « consultant » figure le mot « sultan ». Je me souviens avec délice et nostalgie d’une formation torride à Marrakech, en maillot de bain et Ray-ban, le tableau-papier installé au bord de la piscine, trônant en plein soleil au milieu d’un essaim de jolies filles. Pour moi ce métier présente aussi cette aspect ambigu, mélange de cabotinage, de chaleur humaine, de convivialité, d’intensité dans la relation, tout à la fois très forte et très limitée dans le temps. Animer, sympathiser, s’impliquer dans la volonté d’apprendre des stagiaires est un plaisir physique, une jouissance qui n’a d’égale que la magie et la satisfaction de les voir progresser sur eux-mêmes.

- dans le mot « formateur » on retrouve l’évocation du mot « fort ». Au base-line d’une carte de visite d’un ami formateur belge (« Deloche, pourquoi tant de haine ? ») qui indiquait « la connaissance donne la puissance » je préfère la citation de Francis BACON « Le savoir est en soi pouvoir ». Notre métier est pour moi aussi inséparable de la notion de force que l’apprentissage de la notion d’ouverture. C’est la puissance de la formation qui peut féconder l’ouverture d’esprit des stagiaires et donner naissance à l’acte d’apprentissage. Tel Yoda le Jedi dans sa lutte contre Darth Vader, nous sommes les hérauts du combat de l’intelligence contre l’imbécillité et la médiocrité, de la tolérance contre le fascisme, le fanatisme, l’intégrisme et l’obscurantisme, de l’indépendance d’esprit contre l’impérialisme des nantis, de la culture et de la beauté contre l’ignorance et la misère. L’idée de formation est et doit rester une idée subversive et nous sommes les chantres de la révolution pédagogique. L’actuelle challenge de la compétence dans nos pays développés ne peut donner que plus de force à notre combat. En plagiant SAINT JUST on pourrait clamer: « La révolution pédagogique ne prendra fin qu’avec la perfection du bonheur ».

- enfin dans le mot « formateur » se cache le mot « mateur » qui illustre bien le caractère fondamentalement voyeuriste de ce métier. La base de ce métier repose sur la capacité du formateur à observer, à regarder fonctionner, à analyser, comprendre pour reformuler. Tout en dépassant les apports de l’école rogérienne sur les méthodes pédagogiques post soixante-huitardes, il convient de rappeler que l’efficacité pédagogique ne peut que faire suite à une véritable analyse en profondeur (audit) des besoins en formation, tant auprès des futurs stagiaires qu’auprès du commanditaire (entreprise ou autre). La pertinence du discours du formateur tient beaucoup à l’impertinence de son regard, à son statut proche du fou du roi, sa force de proposition tient à l’indiscrétion de sa démarche, à son rôle de candide, la confiance qu’on lui accorde tient à la bienveillance chaleureuse dont il « couve ses » stagiaires.

Pour toutes ces raisons, je suis fier de porter ce titre aussi signifiant en matière d’éthique (et tac) que chargé en implications sémantiques (et toc).

Dominique DELOCHE

1995

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