Nécessité du Management de Proximité

10 12 2010

Série d’articles : Economie et Management de Proximité (suite)

Nécessité du Management

La nécessité du Management de Proximité apparaît dès qu’il y a structure collective du travail, groupe, équipe, unité. Le développement des configurations de travail indépendant, libéral ou artisanal montre bien que la nécessité d’une quelconque Pratique Managériale n’est pas liée à la réussite de l’activité Travail. Toute organisation du travail n’est pas obligatoirement collective. La subordination contractuelle (relation client/fournisseur) ne s’exercice pas exactement à l’identique de la subordination hiérarchique (relation manager/subordonné).

Par contre,  la nécessité de l’exercice du Management dans les entreprises, grandes, moyennes ou petites se pose fortement. Est-ce que cette nécessité est aussi fondamentale, comment se décline t’elle dans le contexte socio-économique actuel ? La question mérite d’être posée, à une époque ou la recherche de la maximisation du profit et les économies d’échelle ont pris une telle proportion.

L’idée, déjà ancienne (Organisation Scientifique du Travail, Taylor, Fayol), que la qualité de l’organisation peut compenser l’initiative humaine est sans doute à considérer aujourd’hui à l’aune des nouvelles technologies et des nouvelles conditions de travail. La décomposition entre les tâches de formalisation et de contrôle de l’organisation (« les cols blancs » qui pensaient le travail) et tâches d’exécution (« les cotes bleues » qui exécutaient des tâches), se reposent de façon analogue aujourd’hui, avec en contre-point, les possibilités et les perspectives de globalisation, d’une part, et les stratégies de délocalisation, d’autres parts. Peut-on « redécouper le travail en miettes » (Serge Friedman) et le transférer facilement vers des régions où la main d’œuvre est moins coûteuse, sans en affecter la qualité de la production ?

Peut-on se passer du Management intermédiaire ? Et si on ne peut pas s’en passer, à quoi sert-il donc ? S’il est en fonction, mais qu’il n’exerce pas sa fonction, qu’est-ce qui se passe ? Une fois que le professionnel manager a démontré la pertinence de sa contribution en expertise (la charge de travail, dossiers ou clients qu’il gère seul – comme un travailleur indépendant ?) et en projets (stratégiques ou transversaux qu’il anime, en fonction de son rôle et de sa position hiérarchique dans l’entreprise), a-t-on réellement besoin qu’il s’occupe de l’équipe qui lui est affectée ? S’il n’a ni le temps ni les moyens de le faire, comment mesure t’on  le fait qu’il ne l’a pas fait, les conséquences de cette carence, son coût social et économique, direct ou caché (coût du non-management) ? S’il le fait, avec énergie et savoir faire, comment mesure t’on la valeur ajoutée générée et le profit produit ?

Le travail salarié

La nécessité du management s’impose sans doute également du fait que tous les travailleurs n’ont pas forcément les mêmes façons de vivre leur rapport au travail : ils n’ont pas forcément l’idée, ni la volonté d’imaginer, de concevoir, de générer leur propre activité : les caractéristiques et les profils du travailleur indépendant. Ils trouvent dans l’entreprise une organisation, un collectif, un rythme, une rémunération qui correspondent à leurs talents et à leurs attentes, voire à leurs ambitions.

Mais pour autant, le travail salarié, en entreprise, implique t’il obligatoirement une organisation collective, en équipe, groupe, unité, encadrée par un manager. Certaines configurations de travail existent aujourd’hui à mi-chemin de la subordination contractuelle (client/fournisseur) et de la subordination hiérarchique (manager/subordonné), comme le travail vacataire (le commanditaire salarie son employé sur une prestation limitée dans le temps), voire le travail en régie (mise à disposition d’un personnel salarié par une structure prestataire), ou le personnel intérimaire. Peut-on imaginer des organisations sans management, à même performance ?

Une nécessité a-mesurable ou à mesurer ?

De façon basique, et sans doute assez caricaturale, dès que la notion de collectif de travail apparait (encadrer une seule personne), apparaissent certaines nécessités immédiates qu’il va falloir satisfaire, auquel le responsable, manager ou encadrant est confronté :

-         Les salariés doivent pouvoir comprendre et adhérer à l’organisation, la stratégie de l’activité, pour mieux répondre à ce que l’on attend d’eux,

-         L’organisation doit être explicite, structurée et efficace pour qu’elle puisse fonctionner, de façon fluide et pérenne,

-         La motivation et l’énergie individuelle et collective doivent pouvoir être prises en compte et s’exprimer sans contrôle continu ni contrainte,

-         L’implication et l’engagement des salariés doivent pouvoir concerner chaque salarié dans sa contribution professionnelle,

-         La cohésion du groupe doit permettre aux salariés d’échanger et de travailler ensemble de façon harmonieuse,

-         enfin, clé de voute de toutes ces nécessités, il doit y avoir quelqu’un (manager ou leader) qui donne le sens de cette action collective et dont l’autorité, reconnue par les salariés, permet d’entraîner tout le monde à sa suite.

Ces 6 nécessités fondamentales du Management de Proximité en font apparaître une septième, incontournable :

Dès que le collectif (entreprise privée ou publique) regroupe plusieurs niveaux hiérarchiques, une nouvelle population apparaît qui est tout à la fois manager et subordonné. Le système devient gigogne, et pour que l’organisation fonctionne, il faut que les rôles et les fonctions s’emboitent parfaitement, à l’identique des « poupées russes ». Un escalier se balaie toujours en commençant par le haut. Il doit y avoir une cohérence, une compatibilité, une déclinaison exemplaire entre le management de proximité exercé par le top management (direction générale) et le management de proximité exercé par le niveau hiérarchique le plus proche de la base (maîtrise). Ce qui n’est jamais très évident à réaliser, car les besoins en management au niveau du top management (sens de l’autonomie, de la responsabilité et de la stratégie – revendication parfois proche de celle du travailleur indépendant) sont souvent éloignés des besoins attendus par des personnels d’exécution (relation d’aide, contrôle et motivation).

La nécessité du Management de Proximité, dans cette configuration, s’exprime peut-être moins de façon instrumentale au niveau du top-management (stratégie), mais plus fortement de façon symbolique (sens de l’action) sur les niveaux hiérarchiques subalternes. Le top-management (la direction générale) ne peut pas s’exonérer de ce qu’il exige par ailleurs des managers qu’il manage (même s’ils en ont moins le besoin).

Dominique Deloche

Novembre 2010

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L’exercice du Management de Proximité est-il économiquement profitable ?

Articles suivants :

La valeur ajoutée du Management

La communication de proximité est-elle profitable ?

L’incidence économique de l’organisation (formelle ou informelle)

Mobiliser ou contraindre pour le meilleur profit

La valeur économique de l’engagement

Conséquences économique de l’action collective ou du mercenariat

Pyramide ou armée mexicaine, quel est le modèle économique le plus rentable ?

Management : centre de coût ou centre de profit ?

Economie réelle performante contre Spéculation financière à court terme

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Colloque Coaching sur les Risques Psycho-Sociaux

7 12 2010

Le Colloque 2011 l’AEC – EMCC France

Qu’entend-on par risques psycho-sociaux ? Comment les entreprises y font-elles face ? Le coaching peut-il être une solution ?

Pour réfléchir ensemble et trouver les réponses appropriées à cette question de société,

L’Association Européenne de Coaching AEC-EMCC France a le plaisir de vous convier au colloque qu’elle organise sur le thème

« LE COACHING, FACE AUX RISQUES PSYCHO-SOCIAUX »

le samedi 22 janvier 2011 de 9h à 18h à l’Espace Saint Martin – 199 bis rue Saint-Martin – 75003 Paris – Métro Châtelet-Les Halles ou Réaumur Sébastopol

http://www.aecoaching.eu/fr/Colloque-2011-488.html Lire la suite »

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Economie et Management de Proximité (Série de 11 articles)

1 12 2010

Economie et Management de Proximité (1)

L’exercice du Management de Proximité est-il économiquement profitable ?

Questions pour une réflexion en profondeur sur les choix et les modes de direction des entreprises privées ou publiques :

La pertinence de l’exercice du management se justifie t’elle économiquement ? Socialement ? Socialement et économiquement ? Est-elle un mal socialement nécessaire pour amortir un coût social trop lourd ? Ou une variable économique sans fondement ni valorisation, voire une donnée économique que l’on ne sait pas encore mesurée et/ou valorisée ? Quel est les coûts cachés et directs du non management ?

La fonction Management de Proximité est-elle aujourd’hui une fonction économiquement nécessaire ? Est-ce qu’elle contribue directement à la valeur ajoutée de l’activité ? Et si oui en quoi ?

Pourquoi ( et pour quoi, avec quel objectif) a-t-on besoin de manager les équipes ? Est-ce une contrainte nécessaire ou une variable d’ajustement sociale qui représente un moindre coût acceptable, caché et marginal ?

Quelle est la contribution véritable, la valeur ajoutée générée par un manager dans l’exercice du management de son équipe ? En d’autres termes : à quoi sert l’exercice du management de proximité (people management) pour des directions d’entreprise soucieuses de la plus stricte rentabilité à court terme du modèle économique dont ils ont la charge (business management) ?

Au regard de l’évolution actuelle des modèles économiques d’entreprises et des organisations du travail, il est sans doute d’actualité de se poser la question. La fonction managériale, traditionnellement pyramidale, se justifie t’elle encore, dans les nouveaux modèles d’organisation d’entreprise, et si oui représente t’elle un levier pertinent d’action entre les mains des directions générales ?

En effet, de façon parfaitement binaire et caricaturale :

-      soit cette fonction Management de Proximité se justifie économiquement et elle mérite d’être considérée comme telle (investissement, dotation de moyens, compétences, système de mesure et contrôle qualité),

-      soit elle ne constitue qu’une variable d’ajustement floue, insaisissable  et peut-être accessoire qui n’affecte que marginalement le modèle économique (les équipes managées ont la même productivité que les équipes non managées),

-      soit le modèle économique et social est susceptible d’être profondément affecté par l’absence de pratique managériale, et cela en coûts directs et en coûts cachés :

o   sur le plan économique en termes de perte de rentabilité, perte de productivité, diminution du taux de service,

o   sur le plan sociale (avec des conséquences économiques) en termes de tensions sociales, turn-over ou absentéisme et risques psycho-sociaux.

Il s’agit donc, pour les équipes de direction d’entreprise, d’interroger leurs modes de management sous plusieurs angles :

-      quel est le profit généré par la pratique du management de proximité ?

-      quels sont les coûts, directs et/ou cachés, de l’absence de pratique managériale ?

-      en quoi le modèle économique et social de l’entreprise est susceptible d’être affecté par l’exercice du Management ?

-      quels sont les standards, les indicateurs qui permettent de mesure la pratique ou non du Management de Proximité ?

COUT PROFIT
SOCIAL Variable d’ajustement nécessaire

Moindre coût social

VA générée par la compétence et la motivation
ECONOMIQUE Ressource accessoire

Fonction coûteuse en temps et en salaire

Retour sur investissement

De plus, Comme l’indique Michel-Henry Bouchet, professor of finance de l’université Skema de Sophia-Antipolis, il y a là un problème de choix d’horizon temporel à définir pour l’entreprise, car le coût est plutôt à court terme et le profit à long terme. C’est donc un choix stratégique des dirigeants de l’entreprise qui témoigne d’une volonté d’investir sur les conditions de réussite à terme, sur la pérennité de l’activité. Hors il est très difficile d’investir dans cette perspective, sans instrument de mesure ou de valorisation. Dès que la pression du marché boursier se fait sentir (influence des cours boursiers sur les fonds de pension), il est difficile pour les dirigeants d’investir « à l’aveugle ».

Dominique Deloche

Novembre 2010

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Nécessité du Management

La valeur ajoutée du Management

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Pyramide ou armée mexicaine, quel est le modèle économique le plus rentable ?

Management : centre de coût ou centre de profit ?

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