Coaching, jeux de miroirs et conséquences

11 10 2013

Pierre Olivier SCOTTO, avec sa nouvelle comédie « Coach » au théâtre Saint Georges réussit de belle manière là où le film « Le coach » avec Richard BERRY s’était fourvoyé il y a quelques mois. La pièce met en scène trois vrais personnages, deux coachés (joués avec beaucoup d’énergie et de vérité par Thierry BECCARO et l’auteur) et une coach (jouée par une remarquable Valérie VOGT). L’auteur brosse avec pertinence et tendresse les portraits vifs, drôles de deux hommes que tout oppose, mais qui vont évoluer, chacun sur leur trajectoire, tout au long des séances de coaching, le temps de la pièce. Mais surtout, à la différence du film, la pièce est très crédible et très bien documentée sur la profession de coach en développement personnel. Et là où le film présentait une pâle dérision du métier, la pièce en offre une réjouissante charge respectueuse.

La comédie de Pierre Olivier SCOTTO brosse un tableau critique très amusant de la pratique à la mode aujourd’hui du coaching. La mise en scène, très alerte et particulièrement réussie de la jeune et prometteuse Julie CARCUAC fait que tout le monde peut se reconnaître facilement dans ces personnages mal dans leur peau qui veulent vivre une autre vie que la leur. On rit avec bonheur de leur évolution maladroite et de leur résistance au changement. Mais, pour les professionnels du coaching, la pièce propose une autre lecture. La pièce fonctionne alors comme une critique très pointue des risques, limites et conséquences de la pratique du développement personnel.

A aucun moment, l’auteur ne se moque de la pratique du coaching en tant que telle. Par contre il nous offre une charge joyeuse, souvent décalée, à l’humour très corrosif du rôle de coach, de sa posture, de sa légitimité, des risques de transferts et de contre-transferts. Mieux, la pièce peut légitimement nourrir une réflexion profonde sur la déontologie de la profession récente de coach en développement personnel.

Le personnage de Catherine, la coach, est confrontée aux dangers de sa relation avec « ses » coachés. On ne participe pas impunément au développement de ceux que l’on accompagne. Mais la critique professionnelle n’est jamais didactique. On rit beaucoup en assistant à « Coach », et on y rit heureux ! Il n’y a aucune méchanceté et l’humour de la pièce ne se fait jamais au détriment des personnages. En cela aussi la pièce est conforme à l’esprit du coaching. L’auteur aime ses personnages et nous invite à les aimer avec lui. C’est réussi, l’objectif est atteint !

Dominique Deloche
Coach auteur
Juin 2010

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Eléphant Mimosa (tableau 1) – texte et décryptage

25 06 2013

Le premier jour dans l’entreprise

Les personnages

Justine Leroy – Assistante de Direction

Justine a 36 ans, mariée, trois enfants. Elle a du interrompre 5 ans son travail d’assistante de direction pour élever ses enfants. Mais elle a besoin de reprendre un travail, car l’entreprise dans laquelle travaille son mari a des difficultés (chômage technique, menaces sur l’emploi). Professionnellement, elle ne sait pas où elle en est. Elle a pointé 2 ans au chômage. A Pôle Emploi, elle a fait un bilan de compétences qui l’a conforté dans une fonction d’assistante. Elle a passé plusieurs entretiens, rapidement. Elle arrive dans l’entreprise GSIC pour son premier jour d’embauche. Elle a déjà rencontré Sébastien son patron qui est Directeur de Production.

Sébastien Tong – Directeur de Production

Sébastien travaille chez GSIC depuis 15 ans et il est directeur de production depuis 7 ans. Ingénieur de formation, il encadre une équipe de 12 personnes, dont 8 chefs de projet. GSIC est une entreprise spécialisée dans le génie climatique, au sein d’un groupe de 600 personnes intervenant dans le second œuvre technique du bâtiment.

La situation

L’activité sur les chantiers est régulièrement en flux tendu. Sébastien est toujours sous pression. Le chantier chez Lagarde, l’un des plus gros clients de l’entreprise, a du mal a démarré comme prévu. Le responsable du chantier est absent pour maladie et Sébastien doit trouver de la disponibilité dans ses autres équipes pour coordonnées le démarrage du chantier. Il doit en plus organiser une réunion de coordination avec ces chefs de projets dans la semaine. Dans l’équipe, il est en conflit avec deux collaborateurs, hostiles à la nouvelle organisation que met en place Sébastien. Il s’appuie beaucoup sur la responsable de la planification, Martine Serres. Tout le monde travaille sur out-look, avec des agendas partagés.

Justine, embauchée comme assistante de Sébastien a été convoquée ce matin pour effectuer son premier jour de travail.

Etat d’esprit de Justine

Justine (s’adressant au public)

Voilà ! Je m’appelle Justine Leroy. J’ai 36 ans. Je suis mariée, trois enfants : Valentine, Théo et Léo, des jumeaux, adorables. Trois enfants, ça prend de la place et du temps, et çà coûte des sous. J’ai arrêté de travailler pendant 5 ans… Ca fait long. Professionnellement, je ne sais plus où j’en suis. Tout a beaucoup changé avec internet et la crise. J’ai pointé près de 2 ans au chômage. L’entreprise de Marc, mon mari, a des difficultés. Il a fait du chômage technique l’année dernière. Faut qu’on fasse attention. A Pôle Emploi, j’ai fait un bilan de compétences. Ca m’a conforté dans mon job d’assistante. J’ai passé plusieurs entretiens, rapidement. Ici, çà a l’air d’être une grosse boîte. J’ai déjà été assistante de direction, mais il y a plusieurs années. Ce matin, j’ai une boule au ventre, c’est le trac. On m’a pourtant dit que mon patron était sympa. Il a l’air, c’est lui que j’ai rencontré en premier. Enfin, je croise les doigts, on ne sait jamais.

Justine regarde avec inquiétude sa montre. Elle attend depuis plus d’une heure et demie, sans aucune nouvelle de son chef avec qui elle a rendez-vous.

Justine dans un jeu de quilles

A peine Justine a-t-elle prononcé les derniers mots de son monologue qu’un homme actif et très occupé entre en scène.

Il parle à son portable. C’est Sébastien.

Sébastien (Au portable)

… Je veux pas le savoir… Jérôme, je veux plus entendre tes problèmes. J’ai besoin d’une solution, ce matin… Allez ! J’ai rendez-vous, débrouille -toi.

Il raccroche et découvre Justine.

Ha ! Bonjour… Je suis désolé, je vous ai fait attendre (Lui tendant la main). Comment allez-vous ? Julie … C’est çà ?

Justine (Toujours debout)

Justine… Justine Leroy, votre nouvelle assistante (Un silence)

Sébastien

(Distraitement, en train de noter quelque chose sur son portable)

Oui, un instant je vous prie … suivant

Justine

Madame Delage, la DRH, m’a confirmé mon embauche pour ce matin

Sébastien

(Quittant son portable)

Oui bien sûr, pas de problème … suivant

Justine

C’était bien ce matin ? (fouillant dans son sac) J’ai la lettre…

Sébastien (Ailleurs)

Oui… Je sais. Mais ce matin, çà va être compliqué. J l’avais dit à la DRH. Ce matin, on débute un chantier chez Lagarde, et je n’ai personne sous la main …

Justine

Ha …, (qui ne sait pas quoi dire)  je comprends, je suis désolée

Sébastien

Vous n’y êtes pour rien. Quelle heure est-il ?

Justine

10 h 30, Monsieur.

Sébastien

Déjà ? Faut que j’appelle Jean Pierre (Un silence)… 10h 30… Ha oui ! Asseyez-vous. Désolé, mais c’est une matinée pourrie…

Justine

Je comprends

Sébastien

J’ai rendez-vous au siège social dans trois quarts d’heure…

Justine

Ha … je peux attendre, ou vous aider ? Si vous m’expliquez un peu, je peux commencer à m’installer et on se verra cet après-midi.

Sébastien

Non ! Cet après-midi, c’est pire. Je suis sûr que c’est une journée de merde… Enfin pourrie, quoi ! Quand c’est mal emmanché dès le matin …(Un silence)

Justine

C’est mal tombé …

Sébastien

En fait non, çà tombe bien que vous soyez là, Jocelyne.

Justine (Gênée)

Non, non… Moi, c’est Justine.

Sébastien

Heu… Oui… Justine, Jocelyne. Mon ancienne secrétaire s’appelait Jocelyne … (Son portable sonne à nouveau. Il répond)

Justine

Lui propose par signe de le laisser

Sébastien (au téléphone)

Je suis en rendez-vous ! Vous pouvez me lâcher une heure ? Non… pas demain.  Appelez-moi mercredi ou jeudi (Il raccroche). C’est pas vrai !

Justine

Vous êtes très demandé …

Sébastien

Alors, où j’en étais ? … Jocelyne, c’est bien que vous soyez là. Je vous explique : vous allez monter une réunion avec tous les CP pour mercredi.

Justine

C’est après-demain… les CP ?

Sébastien

Chefs de Projet… Prenez de quoi noter. Il doit y avoir un bloc et un stylo dans le bureau là … D’ailleurs c’est là que vous travaillerez.

Justine

Très bien, Monsieur

Sébastien

Ici on est sur out-look avec des agendas partagés. Vous connaissez çà ?

Justine

Out-look, je maîtrise. Mais c’est-à-dire que je ne connais personne, Monsieur, à part le DRH.

Sébastien

Pas de problème, toujours des solutions ! Vous allez sur le site de la boîte, y’a l’organigramme avec les chefs de projets qui me sont rattachés.

Justine

Ils sont combien ?

Sébastien

(Qui n’a pas entendu la question) Vous verrez, c’est facile. Y’a les emails et les portables. Vous les appelez de ma part. Ils ont l’habitude.

Justine

Ils ont été prévenus de mon arrivée ?

Sébastien

(Qui suit son idée) Par contre… Notez-ça, c’est important ! Vous faites en sorte que Ducroq et Bernardé ne soient pas là ! C’est des fouteurs de merde …

Justine

Donc je ne les appelle pas… Bien, Monsieur

Sébastien

Appelez-moi Sébastien. Je déteste tous ces systèmes hiérarchiques ! J’aime le contact… Vous avez des enfants ? Vous êtes divorcée ?

Justine (Troublée par des deux questions)

Non… Oui… Enfin, j’ai trois…

Sébastien (Le portable de Sébastien sonne. Il n’entend pas la réponse de Justine Au portable – il se relève)

Ha ! Tu tombes bien. Mercredi, tu te bloques de 10 à 13 Réunion de coordination. Josiane, ma nouvelle secrétaire t’envoie un mail de confirmation.

Justine (Très bas)

Justine, Monsieur.

Sébastien

… (Bas à Justine) Oui, oui on verra çà.  (Haut au téléphone) Non, je file au siège. (Il raccroche) Bon ! Faut que j’y aille… Où on en était ?

Justine (Paumée)

Je ne suis pas divorcée et j’ai trois enfants.

Sébastien (insistant)

Ha tant mieux, je n’aime pas les femmes divorcée ! (Ailleurs) Bon, je crois qu’on s’est tout dit… pour le moment. On fera mieux demain.

Justine

Je vais essayer de faire de mon mieux, Monsieur Sébastien

Sébastien

De toute façon, si vous avez un problème vous m’appelez sur mon portable. Non. Laissez-moi un sms. Ce sera plus simple. C’est moi qui vous rappellerai.

Justine

Et pour déjeuner, je fais comment

Sébastien

En sortant, je vais dire à Martine de s’occuper un peu de vous, de vous présenter la boite. C’est une grande gueule, mais elle fait partie des murs. A demain.

Il se dirige vers la sortie.

Justine

Monsieur… Sébastien… Une dernière question : l’objet de la réunion ?

Sébastien (Un peu exaspéré)

Ben, je vous l’ai dit, c’est une réunion de coordination. Ils ont l’habitude. Pas de problème …si c’est pas clair, vous demandez à Martine,…

Justine

Excusez-moi ! Est-ce qu’on pourrait se prendre une petite demi-heure demain pour se parler ?

Sébastien (Partant)

Une demi-heure ! Vous êtes gourmande, vous ! Ha ! (Il revient sur ses pas, souriant) Mais oui, ma p’tite dame, vous avez raison demain il fera jour !

Justine

Pour faire connaissance

Sébastien

Je vous ai dit qu’il fallait éviter  Ducroq et Bernardé ? Ca, c’est important. Je ne veux pas qu’ils foutent ma réunion en l’air ! A demain.

Il sort.

Justine

A demain, Monsieur

Sébastien revient à nouveau à la porte.

Sébastien

Jocelyne ! Les midis, je n’ai jamais le temps. Demain, vous nous commanderez des sushi. J’adore les sushi. Vous trouverez la carte sur mon bureau.

Justine

Faut que j’aille les chercher ?

Sébastien

Si vous voulez. C’est à côté. Allez ! A demain, mon petit.

Il sort

La frustration de Justine

Justine (Au portable)

Allô ! … Oui, chéri, c’est terminé… Non, pas terrible. Je n’ai pas envie de rester dans cette boîte. J’ai envie de pleurer. Je connais rien et personne et il faut que j’organise une réunion pour un patron courant d’air …

Le stress de Sébastien

Sébastien (Face au public)

Ok, je sais … c’est pas terrible. Mais ils sont gentils à la DRH. Les lundis matin, c’est toujours le cirque ! Je leur avais dit : pas le lundi ! Elle était déçue, c’est évident. Ils auraient du lui demander de venir plus tard. Je fais ce que je peux ! J’étais là à son arrivée et j’ai pris 20 minutes, et 20 minutes d’un directeur de production, c’est énorme ! J’ai une pression inouïe sur le dos … Ici, c’est du sérieux ! Ca ne rigole pas ! Elle a l’air sympa. Je l’ai briffée. Elle a du boulot pour la journée. Il paraît que c’est une professionnelle. On va voir comment elle se débrouille. Une réunion à organiser, ce n’est pas sorcier. Il suffit d’ouvrir l’ordi et de passer dix mails ! On va voir ce qu’elle a dans le ventre ! Par contre les questions du style  « Est-ce qu’on peut se voir une demi-heure demain ? ». Je ne suis pas sûr que çà va le faire. J’ai horreur de paterner. Est-ce que j’ai bien insisté pour Ducroq et Bernardé ? Il ne faut surtout pas qu’ils soient là, ces enfoirés ! Je vais lui laisser un message. Merde … j’ai pas son numéro de portable. Pas de problème. (Il prend son portable de sa poche) Martine, il faut absolument que tu dises à Josiane, la nouvelle que je ne veux pas voir Ducroq et Bernardé mercredi. Ils sont ‘black listés’ (Il range son portable) Où j’ai mis ma bagnole, moi ?

Le non-management de Sébastien

Hypothèse A – Justine dans le jeu de quilles

Sébastien, stressé, débordé est dans l’incapacité de manager la situation

Constat des carences en matière de management de proximité :

Il arrive en retard et s’excuse

Il n’est pas disponible pour accueillir sa nouvelle assistante

Il lui explique que ce n’est pas le bon

Il ne coupe pas ses 2 portables : il est continuellement interrompu

Il est grossier, car perturbé et sous pression

Il charge la DRH (qui aurait du convoquer Justine à un autre moment)

Il n’arrive pas à mémoriser le prénom Justine et l’affuble de différents prénoms

Il impose à Justine de l’appeler par son prénom, comme un choix personnel

Il parle de CP, sans autre explication

Il n’écoute pas lorsque Justine parle de sa situation personnelle

Il n’explique pas comment organiser la réunion de mercredi

Il n’a rien fait préparer de la configuration du poste informatique de son assistante

Il ne présente pas son assistante au reste de l’équipe

Il critique violement deux collaborateurs de son équipe qu’il exclut de la réunion

Il croit qu’il a indiqué l’objet de la réunion, alors qu’il l’a indiqué à l’un de ses interlocuteurs au téléphone

Il demande à son assistante, qui vient d’arriver, d’organiser la réunion sans vraiment s’assurer qu’elle a compris et qu’elle va réussir

Il n’écoute pas les questions que son assistante lui pose (écoute sélective) et n’y répond même pas

Il privilégie la situation debout et face à face

Il est choqué que Justine demande à ce qu’il prenne du temps ensemble

Il n’est pas disponible et pressé de repartir

Il est obnubilé par l’exclusion des 2 collaborateurs qu’il ne veut pas voir en réunion

Il se décharge sur Martine de l’intégration de Justine

Il tourne en dérision la proposition de Justine de bien s’intégrer dans sa mission

Il subit le rendez-vous au siège et se précipite

Il impose à Justine sa préférence de ne déjeuner que de Sushis

Il repousse à demain (procrastination)

Il parle de la boîte

Il inquiète et ne marque qu’une faible considération pour Justine

Il est stressé et impose son stress à Justine, sans en être réellement conscient

Il subit la pression de sa fonction et des multiples sollicitations extérieures (téléphone)

Il traite Justine en secrétaire et la présente comme telle

L’alternative : Justine trouve ses repères

Justine

… enfin je croise les doigts, on ne sait jamais

Sébastien

Bonjour Justine. Merci d’être à l’heure.

Justine

Bonjour, Monsieur,

Sébastien (l’invitant à l’asseoir)

Je vous en prie. Alors c’est le grand jour ? Je suis ravi de vous accueillir ce matin. Ici on s’appelle par nos prénoms. C’est la règle. Appelez-moi Sébastien.

Justine

Je vais essayer.

Sébastien

Asseyez-vous je vous en prie

Justine (S’asseyant)

J’ai reçu jeudi un courrier de confirmation de mon embauche pour ce matin, à 9h. (Fouillant dans son sac) J’ai la lettre …

Sébastien

Bien sûr, c’était prévu. Je vais vous expliquer ce que j’attends de vous, on va faire le tour du service et je vais vous présenter à tout le monde.

Justine

Oui, merci, je veux bien …

Sébastien

Et surtout à Martine, elle connaît bien l’entreprise. On déjeunera demain ensemble, car aujourd’hui c’est une grosse journée.

Justine

Comme vous voulez, Mons…, Sébastien.

Sébastien

On prendra plus de temps demain pour faire connaissance. Comment s’appelle vos enfants ?

Justine

Valentine a 5 ans, Léo et Théo ont 2 ans, c’est des jumeaux.

Sébastien

Super, et vous avez pu trouver facilement une nourrice ?

Justine

Mes parents sont en retraite et ils habitent à 300 mètres de chez moi.

Sébastien

Parfait. Voici votre bureau qui est juste à côté du mien. Je vais vous laisser vous installer, dans l’après-midi.

Justine

Bien, d’accord.

Sébastien

Par contre, ce matin je vous propose de m’aider à organiser une réunion pour mercredi avec mes chefs de projets.

Justine

Je ne sais pas si je saurais.

Sébastien

Mais si. Cà va vous mettre dans le bain, et on va le faire ensemble. Vous maîtrisez out-look ?

Justine

Oui, bien sûr. Je me mets sur l’ordinateur ?

Sébastien

Je vous en prie. J’ai fait mettre un mot de passe sur votre poste : l’initial de votre prénom et votre nom, en minuscule. Votre signature est déjà programmée.

Justine

Ah ! Très bien, je le note

Sébastien (le téléphone de Sébastien sonne et il le coupe)

Je coupe le portable, parce que sinon, il ne va pas arrêter de sonner. Ce matin, on a un problème avec Lagarde, notre plus gros client. Il faut que je m’en occupe cet après-midi.

Justine

C’est grave ?

Sébastien

Non, le quotidien. Vous verrez. Alors vous allez venir sur le site de l’entreprise et je vais vous montrer l’organigramme et tous vos collègues.

Justine

Ils sont nombreux ?

Sébastien

Huit. Je vous les présenterai mercredi. Ils ont hâte de vous rencontrer. C’est une équipe sympa.

Justine

C’est ce que m’a dit la DRH.

Sébastien

Cet après-midi, vous allez surfer sur l’intranet de l’entreprise pour découvrir notre fonctionnement interne.

Justine

Je suis sur le site.

Sébastien

Il y a la présentation de notre activité. Prenez des notes et posez-moi toutes questions que vous voulez, je répondrai à toutes demain.

Justine

Merci de prendre le temps.

Sébastien

Pour la réunion, il y a deux personnes que je n’invite pas, Jacques Ducroq et Marc Bernardé, et je vous parlerai d’eux demain.

Justine

Et sur les agendas partagés, comment cela fonctionne ?

Sébastien

Très simple vous venez sur l’application et vous avez tous les noms et les agendas qui apparaissent

Justine

Je connais ce type d’application, comme çà ?

Sébastien

Exactement. Maintenant vous sélectionnez les noms et leur proposez de participer à la réunion. L’objet, c’est une réunion de coordination …

Justine

Ok, j’ai compris.

Sébastien

J’ai préparé l’ordre du jour dans un mail que je vous ai adressé ce matin. Vous n’avez qu’à le rerooter.

Justine

OK. Monsieur, je veux dire Sébastien. C’est bon pour l’agenda

Sébastien

Génial. A présent Justine, je vous emmène faire le tour du service. J’ai prévenu Martine pour qu’elle déjeune avec vous.

Justine

Elle fait partie de l’équipe ?

Oui. Vous avez voir elle est très sympa. Elle a son caractère, mais elle connaît bien la maison.

Justine

Merci, Sébastien. Je peux passer aux toilettes ?

Sébastien

Dans le couloir à droite. Je vous attends dans mon bureau. A tout de suite, Justine. Je suis ravi que l’on travaille ensemble. Vous êtes ici chez vous.

Il sort.

L’implication de Justine

Justine reste un moment sans bouger. Puis elle prend son portable et compose un numéro.

Justine (Au portable)

Allô ! … Chéri,… Oui, super. J’ai rencontré mon nouveau chef, Sébastien. Il a l’air très disponible. Cà donne confiance. J’ai déjà organisé une réunion pour lui… Je sens que çà va me plaire …

Manager ou ne pas manager

Les éléments du contexte qui ne changent pas :

Justine a reçu une lettre d’embauche de la part de la DRH de l’entreprise pour une embauche à partir d’aujourd’hui et doit être reçue par le Directeur de Production, Sébastien avec lequel elle va travailler comme assistante.

Sébastien encadre une équipe de 8 Chefs de Projets et une petite équipe administrative, dont fait partie Martien.

Les chefs de projets sont répartis sur les différents chantiers qui interviennent chez les clients et rapportent directement à Sébastien. L’arrêt maladie d’un des chefs de chantiers tombe mal. Un nouveau chantier doit démarrer ce matin chez le plus gros client de l’entreprise : Lagarde. Il est prévu que tous les chantiers commencent par une revue initiale de chantier avec le client.

Les éléments de la pratique (à faire) ou de l’absence de pratique (à éviter) qui changent tout :

Comparaison de ce que fait, ou pas, Sébastien, dans la première et dans la seconde version (façon de pratiquer – ou non – le management de proximité) :

Version 1 (à éviter) Version 2 (à faire)
S arrive en retard et s’excuse S est à l’heure pour accueillir J
S n’est pas disponible pour accueillir J S accueille J avec courtoisie
S explique à J que ce n’est pas le bon jour S prouve qu’il est conscient que c’est un jour important pour J
S ne coupe pas son portable : il est continuellement interrompu S coupe son portable pour ne pas être dérangé
S est grossier car perturbé S est réservé et applique un devoir de réserve
S charge la DRH (qui aurait du convoquer un autre jour) S rappelle que l’arrivée de J était prévue
S n’arrive pas à mémoriser le prénom de J S s’attache à personnaliser l’accueil de J
S impose de s’appeler par le prénom comme un choix personnel S explique que le fait de s’appeler par le prénom est la règle de l’entreprise
S parle de CP S parle de chef de projet
S n’écoute pas lorsque J explique sa situation personnelle S interroge J sur sa situation personnelle et s’y intéresse
S n’explique pas comment organiser la réunion de mercredi S prend le temps d’expliquer à J comment organiser la réunion
S n’a pas configuré le poste informatique de J S a anticipé et préparé la configuration informatique du poste de J
S n’a pas l’intention de présenter J S propose à J de lui présenter les personnes de l’entreprise
S critique violemment 2 collaborateurs qu’il exclut de la réunion S s’engage à expliquer pourquoi 2 collaborateurs ne sont pas conviés
S croit qu’il a indiqué l’objet de la réunion à J, alors qu’il l’a indiqué au téléphone S indique à J l’objet de la réunion tout en l’organisant
S demande à J d’organiser la réunion, sans vraiment s’assurer qu’elle va réussir S s’attache à expliquer et à guider J pour s’assurer qu’elle sait le faire
S n’écoute pas les questions de J (écoute sélective) et n’y répond même pas S pratique l’écoute active, répond aux questions de J et sollicite ses questions
S privilégie la situation debout et face à face S se met au même niveau que J dans une attitude de collaboration
S est choqué que J demande à ce qu’il prenne du temps ensemble S prouve sa volonté de passer du temps ensemble pour faire connaissance
S n’est pas disponible et pressé de repartir S prend le temps d’accueillir J même si sait qu’il va devoir rapidement partir
S est obnubilé par l’exclusion des 2 collaborateurs à la réunion S est discret et ferme sur la non participation des 2 collaborateurs
S se décharge sur M de l’intégration de J S s’appuie sur la présence de M pour participer à l’intégration de J
S tourne en dérision la proposition de J de bien s’intégrer dans sa mission S exprime sa volonté de collaborer et de prendre le temps d’intégrer J
S subit le rdv au siège et se précipite S a repoussé le rdv au siège pour prendre un peu plus de temps avec J
S impose à J sa préférence de ne déjeuner qu’avec des Sushis On imagine que S sera beaucoup plus courtois lors du repas du lendemain avec J
S repousse à demain (procrastination) S s’engage à faire demain
S parle de la boîte S parle de l’entreprise
S inquiète et ne marque qu’une faible considération pour J S rassure et prouve son envie de collaborer avec J
S est stressé et impose son stress à J, sans en être réellement conscient S gère son stress à s’attache à ce que J ne subisse pas la pression qu’il a
S subit la pression de sa fonction et des multiples sollicitations extérieures S canalise son stress en se concentrant sur la qualité de l’intégration de J
S traite J en secrétaire et la présente comme telle S considère J comme son assistante et la place immédiatement en fonction

Assertivité/Retrait et Respect/Indifférence

Comparaison de ce que fait, ou pas, Sébastien, dans la première et dans la seconde Décryptage du management (compétences relationnelles – Comportement) de Sébastien 1

Dans la version 1, Sébastien, le manager n’assure pas son rôle de manager. Il est sous stress négatif, c’est-à-dire sous ACTH (il produit de l’ACTH de l’anglais « adreno-cortico-tropin hormon » – cf «Le stress dans les relations sociales et professionnelles » de Jean Jacques MACHURET – 2011), l’hormone de l’inhibition. Il n’arrive pas à gérer l’écart entre ce qui est attendu (l’intégration de Justine, sa nouvelle assistante, le démarrage de la mission chez Lagarde, son plus gros client) et ce qui est vécu (les multiples sollicitations au téléphone, l’état d’urgence et d’improvisation auquel il est confronté).

L’activisme, les commentaires sans réflexion ni fondement (« je n’aime pas les femmes divorcées ») Il sait que ce n’est pas bien et il estime faire ce qu’il peut (l’état de panique et d’hypersensibilité – l’effet Eléphant mimosa) , sachant que pour s’exonérer, il explique que lors de son premier jour d’embauche, c’était encore pire que ce qu’il fait subir, sans grande conscience, à sa nouvelle collaboratrice.

Son état de stress négatif (sous ACTH) le met dans une situation de fragilité émotionnelle (hypersensibilité, irritabilité, improvisation, énervement) qu’évoquent la fragilité et l’hypersensibilité du mimosa. Cette situation le conduit, pratiquement mécaniquement  (dans un rapport de cause à effet) à imposer une situation stressante (stress négatif, sous ACTH) à Justine, sa future collaboratrice, qui vient déjà avec l’appréhension de sa première journée de travail, après plusieurs années d’interruption.

Dans ce tableau, le manager, Sébastien, improvise la situation, il n’a rien préparé pour accueillir et intégrer sa collaboratrice, la bouscule, ne s’engage que du bout des lèvres à lui consacrer du temps, centré qu’il est sur ses propres préoccupations (Lagarde, Ducrocq et Bernardé, …).

Il déstabilise Justine, sans en avoir vraiment l’intention, reporte la faute sur la DRH, les gens qui « ne le lâchent pas », les « fouteurs de merde ». Il a le sentiment de devoir tout porter seul et fait tout dans l’urgence et l’improvisation.

Ce comportement est l’une des formes typiques et remarquables de ce que provoque l’ACTH, émise par l’hypophyse, communément appelé stress négatif. Cette hormone (dite de l’inhibition) conduit  à bloquer et à inhiber le comportement musculaire (la personne est tétanisée devant la situation ou les fonctions cérébrales (la personne est bloquée ou on présente des réactions aberrantes) : « où j’en étais ? … Très bien. Je n’aime pas les femmes divorcées… Ah oui, en sortant je vais demander à Martine de s’occuper de vous aujourd’hui … »

La conduite du manager Sébastien et sa pratique managériale tiennent en une double posture négative:

-          Je suis KO : il n’affirme pas sa posture de manager, il est dans la fuite et l’indisponibilité ; il subit la situation, s’apitoie sur lui-même, avec le sentiment qu’il n’a ni le temps ni la possibilité de faire autrement. Sa posture comportementale l’amène à n’avoir le choix qu’entre 2 alternatives :

  • Victime, et c’est sans doute sa représentation face à une accélération de la pression (personne pour démarrer chantier chez Lagarde) de son environnement immédiat (DRH, patrons américains, collaborateurs black-listés),
  • Sauveur, qui l’amène à se trouver des alibis, des bonnes raisons pour ne pouvoir être disponible et notamment faire acte de management.

-          Tu es KO : il embauche une nouvelle collaboratrice, mais ne lui accorde pas vraiment d’intérêt, d’ailleurs il se permet d’arriver avec 1h30 de retard (sans a priori avoir prévenu Justine), ne mémorise pas son prénom, n’hésite pas à critiquer les autres (DRH, collaborateurs) devant elle, et tourne en dérision sa demande de vouloir faire mieux connaissance. Il exprime une certaine forme de condescendance (« ma ptite dame, vous êtes gourmande ») et on sait qu’il ne va pas hésiter à la juger sur une première action (« c’est un bon test, on va voir ce qu’elle a dans le ventre ») alors qu’il ne lui a pas complètement donné les moyens de réussir. Sa posture comportementale l’amène à n’avoir le choix qu’entre 2 alternatives :

  • Persécuteur, dans le sens où il impose les choses, bouscule ses interlocuteurs, avec l’idée sans doute qu’il a horreur du paternalisme (« les questions du type on pourrait prendre une demi-heure pour faire connaissance, çà va pas le faire »). Il a le sentiment de devoir tout porter et que lui seul travaille. Il a sans doute l’idée que le meilleur moyen de faire avancer les choses c’est de bousculer et contraindre ses collaborateurs à faire ce qu’il leur impose de faire. Il n’y a sans doute que peu pas de place pour la concertation : « il n’a pas de temps à perdre à faire du social ».
  • Sauveur, dans le sens ou il pratique un management fuyant, absent, insaisissable pour ses collaborateurs, dont on imagine qu’ils sont très dépendants de lui et qui n’arrivent pas à le joindre (téléphone, retard).

Décryptage du management (compétences relationnelles – Comportement) de Sébastien 2

Dans la version 2, le manager est conscient que son attitude, son discours et sa présence vont être déterminants pour Justine dont c’est le premier jour, après une longue interruption professionnelle. Même face à une situation délicate (urgence de la situation chez Lagarde et arrivée de sa nouvelle collaboratrice), il s’est mis dans l’action, le choix des priorités, la décision. Cette posture le place sous adrénaline et lui permet de maintenir un comportement cohérent, affirmé (il choisi de couper de lui-même son portable, alors qu’il sait les sollicitations se multiplier).

« L’adrénaline (émise par les glandes surrénales), c’est le stress positif qui sert à stimuler les fonctions musculaires, nerveuses, oculaires, intellectuelles. Cette hormone intervient à partir du moment où l’individu souhaite accomplir un geste ou une réflexion, c’est la traduction physiologique de la motivation » (cf «Le stress dans les relations sociales et professionnelles » de Jean Jacques MACHURET – 2011).

La production d’adrénaline dont bénéficie le manager, Sébastien, vient du fait qu’il a réussi à gérer l’écart entre ce qui est attendu (l’intégration de Justine, sa nouvelle assistante, le démarrage de la mission chez Lagarde, son plus gros client) et ce qui est vécu (la priorité donnée à l’accueil et à l’intégration de Justine, sa disponibilité, le fait de couper momentanément son téléphone).

Cette posture conduit Sébastien à anticiper et préparer l’arrivée de Justine et, même si sa disponibilité est limitée (problème de Lafarge qu’il décide de régler, non dans l’urgence, mais dans la journée), il prend le temps d’être présent et d’accueillir Justine à son arrivée dans l’entreprise. Il a fait un choix dans ses priorités qu’il assume. Il assure et affirme ainsi son rôle de manager de proximité. Il le fait en conscience sachant que sera déterminant pour les conditions d’intégration de son assistante. Il sait qu’il faut qu’il donne confiance à Justine s’il veut qu’elle lui fasse confiance à terme. Il a une « fenêtre » lors du premier jour (on n’a jamais l’occasion de faire une bonne première impression) pour, symboliquement placer Justine dans les meilleures conditions de travail.

Son comportement l’amène à être dans l’action (sous adrénaline, stress positif) et le conduit à mettre naturellement Justine dans l’action (sous stress positif également). Au lieu d’une exigence sans explication (Sébastien version 1), il propose à Justine d’organiser la réunion, tout en lui indiquant pas à pas la façon de le faire.

Sébastien a préparé les conditions de travail de Justine et prend le temps de lui expliquer ce qu’il attend d’elle. Même si sa disponibilité est peu importante lors de ce premier jour, le peu de temps qu’il lui accorde est pratiqué en conscience, dans le calme et l’écoute. Il planifie la journée de Justine, valide que ce qu’il lui propose est compris et motivant.

Il prend seul la responsabilité de l’accueil et de l’intégration de Justine. Il pratique le devoir de réserve (vis-à-vis de Lagarde, de Ducrocq et de Bernardé). Il s’appuie sur la présence de Martine, qu’il valorise aux yeux de Justine. Il prend le temps et l’initiative de présenter lui-même Justine à l’ensemble du service, sachant l’importance que cela a pour Justine et pour le reste de l’équipe. Son comportement est exemplaire, au sens où ce qu’il fait va avoir une influence non négligeable sur son autorité de manager.

En fait ce qui dirige sa conduite et marque sa pratique managériale tient en une double posture positive :

-          Je suis OK : il affirme sa posture de manager de proximité (supérieur direct de Justine), marque sa présence et son autorité (c’est lui qui prépare, organise, propose) et sa disponibilité (même limitée) ; il gère la situation, au mieux de son intérêt, immédiat et à terme, et de celui de Justine (voire de l’équipe), il prend le temps de le faire en conscience, sans précipitation ni énervement. Sa posture comportementale l’amène à inciter Justine à régler son comportement sur le même mode (sous stress positif, dans l’action, il propose à Justine d’être dans l’action, sous stress positif) :

  • Elle peut trouver sa place, ses marques, dans un environnement qu’elle va découvrir certes, mais qui est a sa mesure,
  • Elle sait qu’elle peut compter sur l’écoute et la bienveillance de Sébastien qui lui prouve que même dans un contexte difficile, il peut lui consacrer du temps.

Tu es OK : il cherche immédiatement à sympathiser avec sa nouvelle collaboratrice, s’intéresse sincèrement à sa vie et l’interroge sur ce qu’elle sait faire, sachant que ce sera important, à terme, d’être sur la même « longueur d’ondes ». Il fait donc l’effort d’intégrer son « cadre de références » pour être en mesure de mieux la comprendre et adapter ce qu’il va lui dire et exiger d’elle, plus tard. Il témoigne de sa volonté et de son envie de collaborer avec elle, créant immédiatement les conditions d’un dialogue. C’est lui qui fait le premier pas, sachant que c’est son rôle et sa responsabilité. Il facilite son intégration en lui « mâchant » le travail pour être sûr qu’elle saura trouver ses marques rapidement, en conformité avec son exigence (ce qu’il veut obtenir, ce qu’il attend d’elle). Symboliquement, il s’oblige à être présent avant son arrivée, pour l’accueillir personnellement. Il programme au lendemain l’occasion d’un échange, d’un moment de convivialité (le repas) pour trouver le moyen d’établir un dialogue sincère et constructif. Il est attentif à lui permettre de réussir sa première mission, tout en se servant de cette occasion pour faciliter son intégration dans l’équipe. Sa posture comportementale l’amène à inciter Justine (cf Robert Vincent JOULE et Jean Léon BEAUVOIS « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » Presses Universitaires de Grenoble – 1987) à régler son comportement sur le même mode :

  • L’intérêt que lui porte Sébastien et la qualité de ses explications, lui permettent de trouver rapidement ses repères en s’appuyant sur un véritable interlocuteur bienveillant et à l’écoute. La confiance que Sébastien lui accorde la met en confiance et lui donne envie de s’impliquer davantage («Il est très disponible, çà donne confiance ; je pense que çà va me plaire. »)

Le fait de trouver rapidement des repères professionnels laisse présager que Justine saura très vite prendre sa place dans sa mission, au sein de l’équipe (« je connais ce type d’application »). Sa capacité à s’affirmer rapidement dans son poste sera à hauteur de la confiance qu’on lui accorde et de l’écoute de ses questions et de ses attentes (« j’ai déjà organisé une réunion pour lui »).

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l’éléphant mimosa

3 08 2011

Ma rentrée de septembre 2011 va être centrée sur un nouveau projet qui va me permettre de présenter sur une scène de théâtre mes travaux sur le management dans une forme théâtrale.

Ce type de représentation s’adresse majoritairement à un public de managers d’entreprises. Mais la violence actuelle de nombreuses situations de management en entreprise (Risques PsychoSociaux) dépassent un peu le cadre stricte du monde du travail pour venir sur le terrain de la critique sociale.

Merci de m’aider en diffusant l’information à tout ton réseau professionnel sur cet OTNI (Objet Théâtral Non Identifié) que je présente dès le 4 octobre au théâtre des Hauts de Seine à Puteaux.

Le dossier de présentation de l’éléphant mimosa

Un bulletin de réservation pour les premières représentations d’octobre et novembre

Une première version de la bande annonce présente sur You Tube (il y a encore un petit problème sur le son que l’on est en train de régler)

Le tout à diffuser sans restriction, ni limite.

Plusieurs façons de nous aider à faire vivre ce message aux entreprises et à ceux qui les dirigent :

-          Venir  et faire venir, en diffusant l’information, le maximum de monde lors des premières journées (octobre, novembre) – merci d’exprimer votre solidarité en versant les 27 euros de votre place ;

-          Faire circuler les documents et le lien (même encore imparfait) de la bande annonce à toutes les personnes que vous jugez intéressées par le sujet : le management, la communication, les risques psycho-sociaux, en diffusant l’information le plus rapidement (août, début septembre) à tout votre réseau relationnel professionnel : managers ou dirigeants d’entreprises, DRH, responsables de communication, cabinets de recrutement, d’organisation, coachs, consultants, syndicalistes, etc … ;

-          Je suis en train de remonter dans toutes les structures du triangle des Bermudes (La Défense – Puteaux – Courbevoie) et si vous pouvez m’aider à diffuser dans ce secteur géographique, c’est génial ; je compte organiser dès fin août le commerce de proximité autour de Puteaux (Nanterre, Suresnes, Neuilly) : affichage, réseaux, etc …

-          La diffusion de l’éléphant mimosa par internet (paiement en ligne) commencera dès le 4 novembre, merci de commencer à communiquer l’information à tout les réseaux professionnels en province, et à l’étranger (uniquement en langue française pour l’instant) ;

Merci encore pour votre aide et de votre soutien,

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L’éléphant-mimosa

14 07 2011

Comment le stress du manager stresse son équipe ?

Fatalité, incompétence ou incapacité ?

Pourquoi, qui est responsable, que faire ?

L’éléphant Mimosa

écrit et interprété par

Pierre-Olivier SCOTTO et Dominique DELOCHE

à partir d’octobre 2011 au théâtre des Hauts de Seine (20h)

5 rue Henri Martin 92800 PUTEAUX

Octobre : les 4, 7 et 19 (2 représentations : à 16h et à 20h) au théâtre de Puteaux

Novembre : les 4, 7, et 8 (2 représentations : à 16h et à 20h) au théâtre de Puteaux

Tarif unique : 27€

réservation :

d.deloche@process360.net

« L’éléphant mimosa » en 2 parties :

- « Et l’humain dans tout cela … ? » pièce produite par la Compagnie du Belvédère (1h20)

- Décryptage interactif avec le public, animé par Dominique Deloche (40mn)

A partir du 4 novembre, chaque représentation est retransmise en direct sur internet (payable en ligne)

Le thème

Comment les manquements en matière de management peuvent rapidement devenir source de violence au travail ?

C’est le manager stressé qui stresse son collaborateur.

Y a t’il une alternative à ce que le manager stressé reproduise, en l’amplifiant, le stress qu’il vit sur les collaborateurs qu’il encadre ?

Pourquoi et comment, sans volonté de nuire, de braves gens peuvent créer les conditions de la souffrance au travail ?

Le management, facteur de risques psychosociaux (RPS)

Peut-on faire autrement ? Comment enrayer cette mécanique destructrice ?

Quel est le coût économique et social du non-management ?

Comment, d’une situation de contrainte (le travail) peut-on faire, soit inconsciemment un sujet de souffrance, soit consciemment un sujet d’émulation ?

Lorsque que l’on parle de maladresse, d’inconséquence du manager, ou lorsque l’on parle de sa diplomatie et de son savoir-faire, de quoi parle t’on réellement ?

La pièce « L’éléphant mimosa » est une critique sociale, drôle, cruelle et didactique qui pointe les conditions de la violence au travail et démontre que ce n’est pas une fatalité.

Elle met en scène 5 situations et 15 personnages qui s’affrontent ou s’entraident, selon les cas.

L’éléphant mimosa (Mimophant) : Trait inventé par Arthur Koestler (auteur anglais – 1905/1983 – Le zéro et l’infini, le cri d’Archimède, …). « Le mimophant, expliquait-il à propos du champion d’échecs américain Bobby Fischer, est un phénomène que la plupart d’entre nous avons rencontré dans notre vie : un hybride combinant à la fois la délicate fragilité du mimosa, hypersensible quand on blesse son propre ressenti – et – le robuste épiderme d’un éléphant piétinant les sentiments d’autrui. »

Les auteurs-interprètes

Pierre-Olivier Scotto

http://www.pierre-olivier-scotto.com/

Comédien, ex-pensionnaire de la Comédie Française

Auteur dramatique (15 pièces dont « Haut comme la table » 1985, « Le mal de mère » 1995, « La belle mémoire » 2004, « Coach » 2009, « Le désir » 2010)

Réalisateur de films (dont « Le roman de Lulu »)

Dominique Deloche

http://deloche.net/

Formateur, Consultant, Coach depuis 30 ans

Spécialiste du Management de Proximité

Auteur de « Gestes et Postes du Management de Proximité » 2007, du « Coût du non-management 2011 et de la pièce « A la recherche du mode d’emploi » 1995)

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Coaching, jeux de miroirs et conséquences

21 06 2010

Pierre Olivier SCOTTO, avec sa nouvelle comédie « Coach » au théâtre Saint Georges réussit de belle manière là où le film « Le coach » avec Richard BERRY s’était fourvoyé il y a quelques mois. La pièce met en scène trois vrais personnages, deux coachés (joués avec beaucoup d’énergie et de vérité par Thierry BECCARO et l’auteur) et une coach (jouée par une remarquable Valérie VOGT). L’auteur brosse avec pertinence et tendresse les portraits vifs, drôles de deux hommes que tout oppose, mais qui vont évoluer, chacun sur leur trajectoire, tout au long des séances de coaching, le temps de la pièce. Mais surtout, à la différence du film, la pièce est très crédible et très bien documentée sur la profession de coach en développement personnel. Et là où le film présentait une pâle dérision du métier, la pièce en offre une réjouissante charge respectueuse.

La comédie de Pierre Olivier SCOTTO brosse un tableau critique très amusant de la pratique à la mode aujourd’hui du coaching. La mise en scène, très alerte et particulièrement réussie de la jeune et prometteuse Julie CARCUAC fait que tout le monde peut se reconnaître facilement dans ces personnages mal dans leur peau qui veulent vivre une autre vie que la leur. On rit avec bonheur de leur évolution maladroite et de leur résistance au changement. Mais, pour les professionnels du coaching, la pièce propose une autre lecture. La pièce fonctionne alors comme une critique très pointue des risques, limites et conséquences de la pratique du développement personnel.

A aucun moment, l’auteur ne se moque de la pratique du coaching en tant que telle. Par contre il nous offre une charge joyeuse, souvent décalée, à l’humour très corrosif du rôle de coach, de sa posture, de sa légitimité, des risques de transferts et de contre-transferts. Mieux, la pièce peut légitimement nourrir une réflexion profonde sur la déontologie de la profession récente de coach en développement personnel.

Le personnage de Catherine, la coach, est confrontée aux dangers de sa relation avec « ses » coachés. On ne participe pas impunément au développement de ceux que l’on accompagne. Mais la critique professionnelle n’est jamais didactique. On rit beaucoup en assistant à « Coach », et on y rit heureux ! Il n’y a aucune méchanceté et l’humour de la pièce ne se fait jamais au détriment des personnages. En cela aussi la pièce est conforme à l’esprit du coaching. L’auteur aime ses personnages et nous invite à les aimer avec lui. C’est réussi, l’objectif est atteint !

Dominique Deloche

Coach auteur

Juin 2010

lien avec le blog de Pierre-Olivier Scotto

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Il ne suffit pas d’être méchante pour être Fabienne Pascaud !

21 06 2010

réaction à la critique d’Anaïs Heluin parue le 4 juin sur le site 3 coups

Vous n’avez pas aimé « Coach », la pièce de Pierre-Olivier Scotto et c’est votre droit ! Mais votre critique (du 4 juin dernier) qui s’en prend tout autant à la pièce qu’à la profession de coach ou aux personnages, ne prouve que votre insensibilité pour ce type de théâtre, vraisemblablement pour ce type de réalité et sans doute ce type de public. Que veniez faire au théâtre Saint Georges ? Vous faire les dents encore plus acérées pour postuler aux rubriques de Télérama ? Votre présentation sur internet montre assez « votre attirance  instinctive pour le Verbe, la sacralité de représentation théâtrale et votre représentation universitaire ». Etes-vous simplement venue faire la démonstration de votre mépris pour ce théâtre populaire? Si c’est le cas, ce n’est pas très professionnel. D’autant que vous avez tort, mais vous ne pouviez pas le savoir :

Vous faites la confusion entre coaching, thérapie et conseil, alors que ce sont des métiers tout à fait différents. Vous parlez mal, avec beaucoup de virulence de professions que vous ne connaissez pas. Vous vous moquez dans votre critique des gens qui vont se faire aider et se faire accompagner. Ce n’est pas très charitable, et cela n’a rien à faire dans une critique théâtrale. C’est votre opinion, elle n’engage que vous, et ne sert pas le théâtre. Il se trouve que j’exerce la profession de coach et que j’ai croisé beaucoup de gens qui ressemblent à ceux que vous critiquez. Ils ne méritent pas votre mépris. La pièce « Coach », qui est une comédie enlevée, une charge décalée et humoristique du coaching, parle d’un monde que vous ignorez sans doute, et c’est tant mieux car ces personnes n’ont rien à faire de votre mépris.

Pourquoi dénigrer ce théâtre populaire qui parle avec simplicité et tendresse de vrais gens. Car c’est là où vous faites erreur, la pièce est très bien écrite et brosse le portrait de ces personnes un peu perdues qui veulent se sortir de leur condition. Il y en a malheureusement beaucoup dans notre société « décadente », comme vous la nommez. Mais vous n’aimez pas ces gens. Vous avez en commun avec eux et les personnages de la pièce ce que vous écrivez d’eux : le mal-être et l’inadaptation. Il faut que vous restiez dans votre « matrice de signifiés en quête permanente de signification », comme vous le décrivez dans votre portrait sur internet. Vous êtes inadaptée à la vie dont parle cette pièce. Même un coach ne pourrait rien pour vous !

Vous écrivez que la pièce adopte le parti de la moquerie sans concession. C’est totalement faux ! Vous prenez vos désirs pour des réalités. C’est vous la moqueuse sans concession. L’auteur s’intéresse, avec humour et décalage à ses trois personnages. Il se trouve aussi que je suis passionné de théâtre depuis plus de 40 ans. Je ne suis qu’un simple spectateur, mais qui sait reconnaître les personnages lorsqu’ils existent réellement sur une scène de théâtre. Et dans le cas de la pièce « Coach », ils existent. Je les ai rencontré moi aussi, dans la vie réelle. Il est normal que vous parliez de « clichés de genre », vous n’avez sans doute vu cette réalité qu’au travers de photos dans des magazines. Au sens aussi propre que vous pouvez vous le figurer.

Si vous avez vu la régression des deux cobayes dans cette pièce, alors, je peux vous dire que vous êtes passée totalement à côté de ce dont elle traite. Vous déplorez même que l’auteur n’ait pas fait de son personnage de coach «  une conseillère un tantinet plus spirituelle » qui « aurait permis de faire le distinguo entre critique sociale et satire de la vogue du développement personnel ». Mais de quoi parlez-vous ? Un coach n’est surtout pas un conseiller, vous faites là une erreur grossière et un amalgame pernicieux. La critique sociale n’est certainement pas aussi élevée que dans votre éther, mais elle est ancrée dans le réel, et je peux en témoigner. Et la satire est parfaitement vue au contraire, ce pourquoi je m’attache à faire venir au théâtre Saint Georges, tous mes amis coachs, professionnels et respectueux d’une déontologie professionnelle, pour qu’ils puissent au contraire réfléchir aux dangers et limites de ce métier honorable que vous moquez si violement.

Il ne faut plus venir salir, madame Héluin, de votre présence, ce théâtre populaire que vous aimez si peu. Lorsque le critique hautain vient en conscience régler ses comptes, comme vous le faites avec la société que vous trouvez « décadente », il ne fait pas du bien au théâtre qui se bat pour exister, ni au public qui paie sa place; il ne fait que de la peine à des acteurs, metteur en scène et auteur formidables, qui tous les soirs défendent avec talent, courage, respect et tendresse des personnages simplement humains, eux !

Dominique DELOCHE

Coach auteur

Lien avec le blog de Pierre-Olivier Scotto

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