Le management des managers dans Invictus

19 02 2010

Le magnifique dernier film de Clint EASTWOOD est l’occasion d’une remarquable démonstration de savoir faire en matière de management de managers. Le film raconte l’épisode extraordinaire de l’arrivée de Nelson MANDELA (superbe et impressionnante prestation de l’acteur Morgan FREEMAN, initiateur du projet cinématographique et ami de l’ex-président) à la tête de l’Afrique du Sud, et de ses rapports (« management ») avec le capitaine blanc (joué par un très convaincant Matt DAMON) de l’équipe des Springboks lors de la Coupe du monde rugby en 1995. Le film nous parle de pratique managériale, de la part du nouveau président avec le capitaine de l’équipe (management de managers) et du capitaine de l’équipe avec ses joueurs (management de proximité). Le film se fait parfois très didactique, révélant un savoir faire très explicite en matière de Gestes et Postures du Management de Proximité (cf 62 gestes et postures du management de proximité par Dominique Deloche – édition Ingeneris 2008). Le film suscite une véritable réflexion sur l’importance aujourd’hui de l’exemplarité du top management dans les grandes entreprises, et peut-être de l’exemplarité des élites politiques. L’actualité met en lumière aujourd’hui la crise de confiance des salariés et des citoyens en leurs grands patrons et en leurs leaders politiques.

Mais le film repose à sa façon des questions fondamentales et très instrumentales : comment faire en sorte que les managers managent plus, différemment ? Comment les managers incitent ‘ils les managers qui dépendent d’eux à manager leurs équipes vers l’excellence et le dépassement de soi ? Quel sens donne t’on à l’action collective ?

Vaste sujet, qui met en question nombre de discours, pratiques, comportements placés aujourd’hui dans la lumière de l’actualité (salaire des grands patrons et stock options, suicides et harcèlements, spéculation purement financière des fonds de pensions, etc …

Le film d’EASTWOOD devient didactique lorsqu’il démonte jusqu’au trivial la pratique de Nelson MANDELA, comme chef de gouvernement (incarnant en l’occurrence une posture de manager de managers). Car une lecture superficielle du film pourrait laisser penser que ce que fait le nouveau président tient à son charisme et à sa personnalité exceptionnelle. Mais ce que le film montre renvoie à une pratique simple, limite simpliste, à des savoir faire parfaitement reproductibles par n’importe quel dirigeant dans des situations moins historiques mais tout aussi stratégiques.

Le film démonte avec beaucoup de pertinence le processus de ce que le président noir nouvellement élu fait avec les leaders (managers), qu’il amène résolument à changer leur propre façon de manager les groupes qu’ils encadrent.

La plupart de ces pratiques sont connues, repérables, transférables et reproductibles, en dehors de la personnalité charismatique du président sud-africain.

La question est peut-être alors : pourquoi nos grands patrons et nos dirigeants politiques s’exonèrent de ces pratiques La puissance de l’exemplarité

Le premier aspect très bien développé dans le film tient à la lucidité, au courage et la volonté affichés de Nelson MANDELA pour modifier la façon de penser et d’agir de son entourage. Il s’y emploie en démontrant par l’action ce qu’il dit et modifiant lui-même son comportement. Il s’applique strictement l’adage qui consiste à avancer : « Avant de changer les autres, commence par te changer toi ». Il utilise sa propre évolution de pensée pour faire évoluer la pensée de ceux qui l’entoure en qu’il dirige.

Comment  s’y prend ‘il pour chercher et construire l’extrême respect de ceux qui l’entourent, de ses plus proches alliés, comme de ses ennemis d’hier. Son comportement est d’une remarquable économie de moyen, très éloignée de l’incontestable charisme sans doute exceptionnel de l’homme politique. Dans « Invictus » le président n’est pas un sur-homme, tout simplement un homme qui sait ce qu’il veut et qui a tellement travaillé sur lui, sur la portée de sa conduite, morale et idéologique, sur sa relation aux autres, qu’il adopte un comportement et un discours d’évidence là où cette évidence échappe à tous.

1 – Incarner une volonté et une stratégie

Le film montre parfaitement que la simplicité et l’évidence du propos tiennent à une longue réflexion et à une vision stratégique. En cela, il constitue un premier enseignement :

Toute stratégie concernant une population (ici une nation, mais il pourrait s’agir d’une entreprise, moyenne ou importante), impose qu’elle soit parfaitement incarnée par le top management (la direction générale, les instances au plus haut niveau, la présidence, la gouvernance). C’est une leçon par rapport aux affres de ce que nous connaissons des défauts d’exemplarité récents (EADS, Société Générale, France Télécom, …). Le courage politique de MANDELA, certes réel, est porté par une volonté impressionnante de réussir son projet. A cet égard, le film montre bien que la coupe du monde, le rugby, François PIENAAR, les Springboks ne sont que des instruments, des supports dans la main respectueuse du leader sud-africain.

Ce qui signifie que plus la responsabilité est haute dans la hiérarchie, plus la vision et la stratégie doivent être portées, incarnées par une volonté inflexible et un comportement quotidien exemplaire.

2 – Faire une rupture : changer aujourd’hui radicalement pour expliquer les changements à venir

L’adhésion à une stratégie passe par la démonstration quotidienne, dans le discours comme dans les actes du dirigeant (ou du manager de managers). Cette vulgarisation très comportementaliste permet de replacer et de mettre en perspective l’action collective dans ce qu’elle a de plus exemplaire. Lorsque MANDELA réunit tous les membres blancs de l’administration précédente qui sont prêts à quitter leur bureau et qu’il leur propose de rester, en respectant leur choix et en expliquant pourquoi il a besoin d’eux et pour quoi faire, il renforce sa volonté managériale (à laquelle il donne un sens politique) et il donne corps à sa stratégie.

Lorsque les personnels blancs de la sécurité de la présidence se présentent avec leur ordre de mission signé du président au responsable de la sécurité noir et que celui-ci va voir MANDELA pour demander confirmation, le vieux leader impose sa vision et son autorité à tous, noirs et blancs. Ce qui est une démonstration de courage extraordinaire (la capacité à pardonner aux geôliers de 30 ans) est au service d’une ambition formidable. C’est cette démonstration arbitraire (MANDELA prend seul la décision de faire ce qu’il fait) qui a le plus fort impact sur ses managers et son entourage immédiat. Il dit ce qu’il fait et il fait ce qu’il dit. Il va jusqu’au bout de son propos, créant une rupture avec même ce que ses conseillers les plus proches lui recommandent. Il est très instructif de voir comment MANDELA s’y prend et se comporte avec tous les leaders, ou managers blancs avec lesquels il a affaire. Un mélange d’humour, d’auto-dérision, de gentillesse et de lucidité tactique. La scène où le président apprend sur le journal les prénoms, les noms et les visages de tous les joueurs blancs de l’équipe des Springboks renvoie à ces années durant lesquels le plus ancien leader noir d’Afrique du Sud emprisonné apprenait patiemment la langue de ses ennemis pour être en mesure de dialoguer avec ses geôliers.

Encore plus éloquent et performant, MANDELA utilise sa propre mutation (leader noir opposant charismatique appelant à radicaliser la culture noire et à encourager sur le terrain les équipes adversaires des Springboks, finira par apprendre la langue de ses geôliers pour être en mesure de communiquer avec eux et par supporter sans réserve l’équipe et le sport élitiste de la minorité blanche pour en faire un objet de fédération populaire).

3 – Agir sur son propre comportement au quotidien pour influencer le comportement des autres

L’exemplarité passe par la démonstration consciente et parfaitement orchestrée (grande lucidité de MANDELA qui fait ce qu’il fait et en même temps, qui est parfaitement conscient de l’impact de ce qu’il fait sur les autres) de l’extrême considération et respect au quotidien, de chaque individus et de sa différence. La scène où l’un des gardes du corps explique à François PIENAAR que le précédent président exigeait des gardes du corps qu’ils soient parfaitement invisibles alors que le nouveau président connait son prénom et ses goûts culinaires, est très éloquente. MANDELA est sans doute parfaitement sincère lorsqu’il parle et s’intéresse à chaque personne avec laquelle il échange, mais en même temps c’est un moyen qui lui permet d’obliger ces mêmes personnes à le regarder (lui et ce qu’il fait et dit) différemment. Sa pratique managériale force le respect de ceux qui travaillent avec et pour lui. Ce changement brutal de comportement est articulé en parfaite connaissance de cause par un président goguenard, s’amusant de l’ahurissement et de l’incompréhension qu’il suscite dans son entourage. De façon encore plus géniale, MANDELA redonne du sens dans la pratique quotidienne du respect individuel et collectif dans son entourage : plusieurs fois dans le film les gardes du corps blancs du président sont rappelés à l’ordre : « Le président veut que l’on sourit ».

4 – La puissance d’évocation des symboles

La stratégie et la vision à long terme, lorsqu’elles concernent des populations nombreuses (nations, grandes entreprises, mouvements, …), a besoin de signes, de symboles forts pour susciter l’émulation collective. « Invictus » souligne bien, et les explications du président sud africain sont très claires sur l’utilisation politique et sociale qu’il fait du rugby, des Springboks (drapeau, maillot, casquette et hymne) pour nourrir sa vision et sa politique de réconciliation nationale. Il va jusqu’à expliquer benoîtement son propre changement de comportement : hier encore lorsqu’il était prisonnier, il exhortait les participants de l’ANC (parti noir opposant au régime de l’Apartheid) à  applaudir toutes les nations qui affrontaient les Springboks en compétition, parce qu’il fallait battre le symbole blanc pour marquer son opposition. Aujourd’hui non seulement MANDELA soutient les Springboks, mais stimule son capitaine blanc et, contredisant tous les pronostics, lui demande de gagner la coupe du monde (l’Afrique du Sud était pays organisateur). MANDELA explique très bien aux nouvelles plus hautes instances sportives, à présent majoritairement noires, que l’abandon du nom, du drapeau et de l’hymne des Springboks est une erreur et qu’il est encore plus fort que ces symboles, hier réservés aux seuls blancs, deviennent les symboles de toute une nation, à majorité noire. MANDELA explique fort justement que si le gouvernement rejette les symboles de l’ancienne minorité blanche, il place toute la communauté blanche dans l’exclusion, alors que si la nation s’approprie les symboles, hier réservés aux seuls blancs, elle oblige la communauté blanche à se rallier à la nation. De la fine politique maîtrisée par un tacticien de génie.

Le magnifique comportement de MANDELA, là encore exemplaire, lors de la finale, simplement revêtu du maillot des Spingboks, la casquette vissée sur la tête au milieu d’une tribune officielle en costume cravate, devient un media populaire formidable. Le geste est à rapprocher de la réaction du roi du Danemark, lorsque les nazis ont essayé, comme dans tous les pays occupés d’Europe d’impose aux juifs le port de l’étoile jaune. Le jour où l’ordre fut donné de porter l’étoile juive, toute la famille royale au grand complet est sorti dans la ville chacun portant l’étoile identitaire. Le lendemain, toute la population danoise portait l’étoile jaune. Les nazis ne sont jamais réussis à imposer le port de l’étoile jaune au Danemark, seul pays dissident, défiant l’autorité, uni derrière son monarque exemplaire.

La cohésion de l’équipe

Le rugby, comme de nombreux sport collectif, a valeur d’exemple sur les techniques de cohésion de groupe. Nombre d’anciens sportifs interviennent en entreprise pour décliner, sur plusieurs modes, les vertus du sport et de l’action collective.

« Invictus » nous montre tout d’abord comment est gérée la cohésion de groupe (l’équipe des Springboks) par Nelson MANDELA :

Le devoir de réserve du manager de manager (pas d’intrusion du n sur le niveau n-2)

Le président refuse de s’immiscer dans le management de François PIENAAR. A aucun moment il ne parle à l’équipe de sa volonté de faire gagner la coupe du monde. Il n’en parle qu’au capitaine, en tête à tête. Il laisse au capitaine le soin d’agir de sa propre initiative sur l’implication et la motivation de son équipe. De façon très juste, lorsque le capitaine est avec l’équipe, il lui parle comme à tous les membres de l’équipe, lui accordant en leur présence pratiquement autant de temps. Par contre, hors la présence de ses équipiers, MANDELA parle du management de son équipe. Il interroge le capitaine sur sa mission de leader (capitaine) et sa vision pour les amener à se dépasser au nom de la nation sud-africaine. Ce n’est pas au manager de manager (MANDELA) à assurer la cohésion et la dynamique du groupe, c’est au manager de le faire (PIENAAR).

Les deux managers ont des conversations de managers, MANDELA s’attachant à suggérer des façons de faire, dans un mélange de directivité (sur le résultat à obtenir – gagner la coupe du monde) et de non-directivité (sur la méthode à employer pour galvaniser le collectif).

MANDELA élève parfaitement son niveau d’exigence sur le capitaine : « je vous demande de gagner la coupe du monde au nom de la réconciliation nationale – je compte sur vous – vous pouvez le faire ». En cela il est très juste sur le mode de management, se limitant à lui proposer des pistes de réflexion (un poème, des symboles, « je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme »). A aucun moment il s’immisce en lui disant comment il doit faire (« il ne lui donne du poisson »), mais il le fait progresser sur la représentation de son rôle de capitaine (« il lui apprend à pécher »).

La perfection de cette double posture, respectée par les deux managers, poursuivant leur conversation de managers, nous est donnée au moment d’intense émotion, bonheur et de gratitude éprouvés lors de la remise de la coupe à François PIENAAR par Nelson MANDELA : « Merci François pour ce que vous avez fait pour l’équipe » à quoi le capitaine répond : « Merci Monsieur le président pour ce que vous avez fait pour la nation ».

Ensuite le film illustre très bien le changement de méthode, utilisée par François PIENAAR pour susciter de l’émulation et créer des représentations chez les joueurs de l’équipe de l’équipe des Springboks :

1ère étape : l’émulation négative

Dans un premier temps, les joueurs cherchent à trouver de la motivation dans le fait de plus vouloir vivre la défaite. La scène des vestiaires avec la mauvaise bière chaude qu’ils boivent ensemble pour s’en écœurer : « plus jamais çà » : buvons le calice et la punition jusqu’au lie et refusons de la vivre à l’avenir. Cette émulation est vécue entre les murs des vestiaires et uniquement partagée par les seuls membres de l’équipe qui vit ses défaites successives comme autant de preuves de désamours de la part du public et de la presse.

2ème étape : l’émulation positive

Dans un deuxième temps, sur proposition du capitaine (certainement en concertation avec le président), François PIENAAR propose une tournée de promotion du rugby dans les Townships noirs avec des enfants qui n’ont d’yeux au début que pour leur idole Chester WILLIAMS, seul joueur noir des Springboks. La réserve évidente du début fait vite place à une double émulation positive : l’intérêt pour le rugby et la coupe du monde de la communauté noire suscité au près des enfants qui apprennent les règles et qui jouent avec les membres de l’équipe nationale, mais également c’est toute l’équipe des Spingboks qui commence à exister dans le regard des enfants. Le metteur en scène s’attarde sur les moments de complicité, de rires et de plaisir partagé entre les joueurs professionnels blancs (sans doute au départ un peu ségrégationnistes pour ne pas dire racistes – dans tous les cas conditionnés par des années d’apartheid) et les enfants noirs qui découvrent un jeu qu’ils ne connaissaient pas. Il est très instructif de penser que lorsque le capitaine PIENAAR (sans doute inspiré par le président MANDELA), participe, en organisant ces actions de promotion et de relations publiques, à un double objectif : son objectif de renforcer la cohésion de l’équipe pour trouver un souffle nouveau dans une fierté retrouvée, et celui du président en favorisant la réconciliation nationale par la jeunesse et par le sport.

Le film d’ailleurs insiste sur la portée de ces deux valeurs qui se rejoignent dans une scène montée en parallèle du déroulement de la finale de la coupe du monde. Un jeune enfant noir se rapproche petit à petit, avec la crainte d’être chassé, d’une voiture de police dans une rue. La voiture est occupée par des policiers blancs qui écoutent la retransmission de la finale à la radio. La scène se termine dans la liesse générale avec l’enfant noir dans les bras des policiers blancs.

3ème étape : une source d’inspiration et le lâcher prise

Dans un troisième temps, sur proposition du capitaine (là le film suggère que c’est le PIENAAR seul qui prend l’initiative, mais bien sûr parfaitement influencé par la foi du président), propose une visite collective de la prison où MANDELA a été enfermé. Le film montre bien par une métaphore tout à la fois éloquente et implicite que le capitaine et son équipe cherche à trouver des repères internes, alors qu’ils sont au pied du mur : comment se dépasser, comment se sortir de soi-même, comment réussir un exploit : « Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme ». Les images où Matt DAMON (PIENAAR) tourne sur lui-même pour se convaincre que le destin de MANDELA s’est joué et est sorti de cette minuscule cellule est d’une très grande émotion. Chaque joueur est en lui-même, mais l’équipe pose les jalons et les conditions de son destin : de façon très rugbystique, les commentaires sur la neutralisation du phénomène Jonah LOMU (joueur charismatique Néo-Zélandais) en vue de la finale Afrique du Sud/Nouvelle-Zélande sont parfaitement éloquents.

Il y a quelques années Yannick NOAH avait déjà parfaitement expliqué ce processus d’émulation et de motivation pour faire gagner un compétiteur ou une équipe, dans son ouvrage « Secrets, etc …, Plon, 1997). Comme PIENAAR, NOAH avait expérimenté ce savoir faire managérial qui consiste à savoir faire gagner des équipes. Non seulement il l’a fait, mais il a très précisément et très simplement, expliqué comment il l’a fait. Il est d’ailleurs émouvant de relire le passage consacré à sa rencontre avec MANDELA, et de réécouter certaines chansons de NOAH à l’aune du poème de MANDELA. « Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme » résonne comme « Si mon papa Tara ».


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2 réponses à “Le management des managers dans Invictus”

2 11 2010
Ernest Dewagui Tomani (11:00:21) :

Avez-vous en programme la tenue d’un forum autour de ce thème combien riche et actuel? Si oui, à quelle prochaine date?

Cordialement.

2 11 2010
ddeloche (16:45:08) :

Merci de votre intérêt. Oui, je fais régulièrement des interventions, sous la forme de conférences sur le thème du management de proximité, et notamment sur le thème de l’exemplarité. Je vous tiens au courant des prochaines interventions ?
Cordialement Dominique Deloche

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