Etude de cas sur une critique a priori d’une évaluation à 360°

23 02 2012

Quelques remarques à la personne qui fera la restitution du 360° du manager qui a écrit ces lignes :

« J’ai rempli le 360 en quelques minutes et je voulais vous faire part de quelques remarques, malheureusement très négatives »

Alors pourquoi participer à une évaluation à 360°, qui permet de confronter ce que le manager voit de sa pratique avec ce que son entourage constate de sa pratique managériale. Ce commentaire prouve que le manager en question n’avait pas pris connaissance auparavant du questionnaire, et sans doute plus grave (mais plus révélateur dans la perspective d’un accompagnement de ce manager) qu’il a une vision très personnelle et affirmée du management qu’il doit et pense exercer.

« La question 8 ne veut rien dire  « 8 – Le manager obtient de la part de son interlocuteur ». Cela ne donne du coup pas très confiance dans l’outil même s’il s’agit d’une seule question »

Le commentaire du manager est très intéressant et riche dans la perspective de sa progression. Le fait d’obtenir (principe d’obtenance) ne correspond pas à quelque chose chez lui de récurrent. Cette capacité à obtenir de la part d’un manager est pourtant au cœur de sa fonction : sa capacité à obtenir des ressources, des moyens, un engagement de la part de son subordonné, un accord de la part de son supérieur, un crédit d’augmentation pour son équipe. Ce manager n’a pas l’air d’avoir conscience de cette pratique et les évaluations de son entourage seront sans doute intéressantes : soit il obtient peu (de ses collaborateurs, de son supérieur ou de ses collègues), soit il obtient par la contrainte.

« Les questions sont très orientées action quotidienne dans l’entreprise avec les N-1 et à ce titre, les personnes  extérieures à l’entreprise (fournisseurs, clients et même mon N+1) vont avoir beaucoup de mal à se positionner. »

Le commentaire du manager prouve qu’il a une vision précise de sa pratique managériale : pour lui l’action quotidienne du management ne peut pas se réduire à son action quotidienne avec ses n-1. Il semble qu’il y ait confusion de sa part entre business management et people management, et que le manager soit plus soucieux du regard que son supérieur, ses fournisseurs et ses clients portent sur sa maîtrise du business management, que de l’appréciation de ses collaborateurs sur sa pratique managériale au quotidien.

« La qualification de 360° me parait donc quelque peu abusive, un 180° voir un 90° étant plus adaptée. Je comprends bien que c’est le cœur du sujet, mais j’avais escompté qu’il était possible de les aborder par des questions indirectes qui auraient été pertinentes y compris pour des personnes qui ne travaillent pas sous ma responsabilité »

Soit le manager est un spécialiste du 360° et des instruments de mesure (et c’est curieux qu’il n’ait pas pris connaissance de l’outil auparavant, soit il est en train de dénigré un outil qui est susceptible de mesurer des aspects qu’il craint. Dans les deux cas, il est intéressant de noter que le manager escompte que ses évaluateurs répondent à des questions indirectes le concernant, et qu’il se méfie des questions directes qui sont posées à ses interlocuteurs en matière de management.

Il faut rappeler que le nombre et la variété des types d’évaluateur (notion de 360°) permettent de pourvoir intégrer dans les évaluations, trois niveaux de subjectivité :

-          La subjectivité des subordonnés (n-1) en fonction de ce qu’il apprécie de la pratique managériale du manager qui les encadre (5 évaluation),

-          La subjectivité des collatéraux qui sont témoins de la pratique managériale du manager et qui se font une idée (à tord ou à raison) de sa pratique quotidienne et récurrente du management de son équipe (4 évaluations),

-          La subjectivité de son supérieur (n+1) qui soupçonne son manager n-1 de faire ou de le pas faire un management remarquable et efficace et qui déduit du bon ou difficile fonctionnement de son équipe, que le manager a fait ou pas tout ce qu’il devait faire en matière de management de proximité.

« J’espère qu’il est possible de ne pas répondre en tout cas cela n’apparaît pas en clair (pas de case « ne sait pas »).  Là encore, c’est un vrai problème car cela peut forcer des personnes à se positionner en ayant le sentiment de ne pas être légitime pour cela, alors que le poids statistique de chacun est important »

Là encore il est intéressant de constater que le manager anticipe ses craintes sur l’hypothétique difficulté de ses évaluateurs à s’exprimer. Effectivement il n’y a pas de case je ne sais pas, car ce qui est pris en compte n’est pas une opinion ou un jugement de valeur mais un constat, à partir de ce qui est connu et observé de la pratique du manager. Il n’y a aucune contrainte sur les évaluateurs qui sont appelés à se prononcer sur ce qu’il voit et connaisse de la pratique du manager avec son équipe. Par contre, il y a tout lieu de craindre que le manager n’influence en amont les futurs évaluateurs avant qu’il ne renseigne le questionnaire.

« La graduation de l’échelle me parait peu équilibrée  avec 1 appréciation positive, 1 moyenne et 4 négatives ».

Il résulte de ce commentaire que le manager fait un amalgame entre une grille d’observation purement factuelle et une grille d’appréciation (positive ou négative). Dans ce 360°, il est accordé de l’importance à ce qui est fait par le manager, et il n’y a aucun jugement de valeur. Il apparaît par contre très instructif que pour le manager :

-          Le constat d’une pratique systématique en matière de management de proximité, soit estimé comme la seule appréciation positive,

-          Le constat d’une pratique fréquente (« souvent ») en matière de management de proximité, soit estimé comme une appréciation seulement moyenne,

-          Et que les constats d’une pratique aléatoire (« parfois »), rare, exceptionnelle ou absente, en matière de management de proximité, soit estimés comme quatre appréciations négatives,

« Il n’est pas fait état des caractéristiques personnelles, qui me semblent pourtant fondamentales. Par exemple, un de mes axes d’amélioration est de travailler sur l’émotivité et l’implication qui sont des caractéristiques très fortes de ma personnalité (cet email en est d’ailleurs la parfaite illustration) mais nulle part ce point n’apparaît. »

Il semble que le manager soit convaincu du fait que la pratique managériale soit très dépendante de la personnalité du manager. C’est ce qu’il paraît indiquer lorsqu’il évoque lorsque qu’il déplore que l’outil n’intègre pas des « caractéristiques personnelles ». Il serait intéressant d’identifier ces caractéristiques personnelles qui lui paraissent aussi fondamentales. Il est à noter que le manager souhaite travailler sur sa propre émotivité et son implication. Il y a matière, dans cette outil, à travailler sur ces aspects. Mais le type de travail à effectuer consiste à augmenter une pratique opérationnelle pour s’impliquer et canaliser ses émotions dans sa pratique managériale, et non pas de travailler dans une optique psychanalytique liée à la personnalité du manager. Cet outil n’évalue pas un manager dans sa personnalité, mais mesure une pratique factuelle, récurrente, observable une pratique managériale de proximité.

« Je ressors de cette auto-évaluation avec un fort sentiment de malaise car l’exercice m’a donné l’impression d’un réel manque de professionnalisme (un peu style quizz d’un magazine féminin) et j’aborderais donc notre entretien avec beaucoup de circonspection, quel qu’en soit le résultat »

Il est très intéressant et instructif que le manager anticipe sur des résultats qu’il craint de devoir entendre, sur un référentiel de compétences managériales qu’il préfère dénigrer avant même qu’il lui soit opposé. Il semble que ce manager est constaté, dès son auto-évaluation, l’insuffisance de sa pratique managériale (celle qui est pointé dans ce référentiel, qui semble assez différente de sa représentation). Sa façon de dénigrer l’outil augure d’une forte réticence annoncée pour contester la pertinence d’une pratique qu’il semble critiquer.

« J’ajoute que si j’avais vu ce questionnaire avant, je n’aurais pas lancé cette étude et que j’ai le sentiment, en ayant fait sa promotion en interne, de m’être décrédibilisé auprès de mes équipes et de mon N+1 »

Ce propos révèle que le manager est très soucieux de son image et particulièrement du contrôle par lui-même de l’image qu’il veut donner. Il est clair qu’il se sent vraisemblablement en danger menacé par un outil de mesure (très pragmatique et factuel, et non psychologique ou affectif) hors de son contrôle et qui risque de constater l’écart entre ce qu’il pense faire (dans sa représentation du management) et ce que son entourage le voit faire (dans une représentation factuel du management de proximité au quotidien, avec son équipe).

L’écart entre ce qui est attendu par lui (le retour d’image qu’il attend et l’opportunité de travailler sur ce qu’il a choisi de travailler) et ce qui risque d’être vécu par lui (lors de la restitution) est sans doute anxiogène. A charge pour la personne qui va lui faire la restitution, de le décomplexer sur le sujet.

Je suis intéressé pour prendre connaissance de cette évaluation à 360°, et éventuellement faire mes commentaires, dans la lignée de ce qui précède.

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S’assurer que son collaborateur progresse

10 02 2012

Pour se garantir contre tout risque de décrochage, tension, qui pourrait conduire son subordonné à se désengager de sa mission, le manager doit faire en sorte que chaque subordonné qui dépend de lui puisse progresser.

Malheureusement la notion de progression professionnelle, trop souvent aujourd’hui, se réduit à une simple augmentation de salaire ou à une promotion. Cette restriction conduit à un immobilisme managérial : n’ayant plus la possibilité d’augmenter son salaire ou de promouvoir à court terme son subordonné, le manager considère qu’il n’y a plus aucune possibilité de progression dans le poste, la mission, la fonction.

Cette condamnation, y compris dans le regard du manager de l’activité, peut amener à même faire des réserves sur l’intérêt, l’importance, l’utilité, le poids de la fonction exercée. Si le manager déconsidère la fonction qu’il encadre, il se trouve naturellement démuni à faire progresser son subordonné. Si lui même considère que la fonction exercée est « un petit boulot », « un job sans intérêt », une fonction transitoire », comment faire en sorte que son subordonné s’implique ou s’intéresse à son travail. C’est une part majeure de l’enrichissement des tâches qui est en question.

Mais le manager peut et doit accorder de l’importance à toute fonction encadrée sous sa responsabilité. En cela son point de vue n’est pas seulement utile (notamment à son subordonné), mais exemplaire (donner du sens à l’action).

C’est dans son ambition, sa volonté de progrès de l’activité qu’il encadre que le manager trouve l’opportunité d’avoir un niveau d’exigence accrue sur l’amélioration de ce qui est produit sous sa responsabilité.

Pour se prémunir contre tout risque de décrochage (cf 9 étapes du décrochage – de la tension au travail jusqu’au risque psychosocial RPS), le manager a la possibilité de mettre en place une organisation, pour chaque subordonné sous sa responsabilité.

Les outils de la progression

Pour ce faire, le manager a besoin de quelques outils, qui existent généralement au sein des entreprises aujourd’hui. Il lui appartient d’en perfectionner l’usage, afin de les appliquer à sa propre pratique managériale.

-    La définition de fonction : c’est le socle organisationnel du contrat de travail, qui rappelle et définit ce pourquoi le subordonné travaille dans le périmètre de l’activité sous la responsabilité du manager. Mais ce qui a été écrit et défini un jour doit être régulièrement reconsidéré au fil du temps. L’entretien annuel est généralement l’occasion, une fois dans l’année, de tracer ce qui change : ce que le subordonné fait et qui n’est pas inscrit dans sa définition de fonction, et ce qu’il ne fait pas (ou plus) et qui figure toujours dans sa définition de fonction. Et c’est au subordonné lui-même de le faire, puisqu’il est la meilleure personne pour savoir ce qu’il fait ou ce qu’il ne fait plus. Bien sûr, le manager valide et donne son accord. En cela le travail exercé est un objet de débat, et l’autonomie donnée au subordonné un premier niveau de réalité.

-   Un entretien annuel : c’est l’occasion une fois par an de s’entretenir de la fonction exercée. Le manager et son subordonné font le bilan de l’exercice passé, redimensionnent la fonction et fixent les objectifs et les conditions dans lesquels l’année à venir va se mettre en place. De plus le dossier dans lequel figure les précédents entretiens annuels permet d’intégrer le parcours effectué jusque là par le salarié.
-    Un référentiel de compétences qui décline en savoir, savoir faire et compétences relationnelles la définition de fonction exercée par le subordonné. Il convient de se méfier de la notion de savoir être qui renvoie trop (dans notre représentation hexagonale de) à la personnalité de celui qui prouve sa compétence. Pour que le manager puisse réellement faire progresser son subordonné, il est déterminant que les compétences soient identifiables (la formulation est sans ambigüité), observables (le manager et le subordonné peuvent en faire un constat), mesurables (il possible de mesurer le niveau de compétence), transférables (il est possible de transmettre la compétence par l’apprentissage ou la formation).
-     Un entretien de professionnalisation : c’est l’occasion, au moins une fois par an de faire le point sur l’inventaire des compétences nécessaires et suffisantes pour que le subordonné réussisse dans la fonction qu’il exerce.
-    Un système de mesure, d’évaluation qui permet au subordonné d’étalonner son niveau de compétence sur toutes les compétences nécessaires dans sa fonction. Le fait de croiser l’observation (auto-évaluation et évaluation du manager) permet de déterminer des priorités d’action (pistes de progrès et/ou de perfectionnement) pour faire progresser le subordonné.
-    Un dossier de progrès individuel : c’est le support utilisé par le manager et son subordonné pour valider, acter que régulièrement (un fois par trimestre au moins), le subordonné progresse, en fonction de ce qui a été convenu d’un commun accord.

Enfin il importe que le manager se fixe une discipline de temps à consacrer à chaque subordonné, pour le faire progresser régulièrement, sachant que c’est la régularité, et la symbolique du rituel aussi, qui amèneront le subordonné à progresser dans le regard de son manager. C’est la condition pour lui permettre de réussir dans sa fonction. C’est une des formes d’exigence que le manager met dans l’exercice de son management de proximité. Directif sur le fait que chaque subordonné qu’il encadre progresse, non directif sur la compétence ou la façon de faire progresser.

Le temps nécessaire, par an, peut s’estimer de la faction suivante :
Entretien annuel : 1h 30
Entretien de professionnalisation : 1h
Point trimestriel : 20mn

Le manager a besoin de 4h par an, et par subordonné encadré, pour s’assurer que son subordonné progresse de façon normale dans son métier. Si le manager encadre 10 personnes, il lui faut 40h, soit une grosse semaine, dans l’année, pour faire progresser toute son équipe. Cela repose la question du temps choisi (le temps que le manager s’impose pour pratiquer un manager de proximité en conscience) et le temps subi (l’urgence ressentie par le manager qui ne prend jamais le temps de pratiquer un management en conscience de son équipe).

Le fait de faire progresser ses subordonnés est un acte de management fort, qui lui permet de prouver son autorité de manager. En cela il démontrer son exemplarité, sa volonté de progrès, son niveau d’exigence. En faisant progresser son équipe, il agit sur la motivation de l’ensemble, en conscience, et dynamise le groupe sous sa responsabilité.

Faire progresser son équipe, apporte au manager de :
-    Se donner les moyens de déléguer à terme,
-    Placer chacun, dans l’équipe, dans une dynamique de progrès,
-    Favoriser l’initiative individuelle,
-    Eviter les routines et l’obsolescence,
-    Enrichir la compétence collective de l’équipe.

L’impact, sur son équipe, lui permet également de :
-    Augmenter les contributions de chacun,
-    Augmenter le niveau de compétence de chacun,
-    Développer l’autonomie et l’envie de progresser,
-    Permettre une réciprocité constructive,
-    Fidéliser, renforcer la synergie du groupe.

Mais, pour que cela soit possible, il faut que le manager de proximité ait lui-même passé 4 heures avec son propre manager et que celui-ci l’aide à progresser sur sa pratique managériale.

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L’Accompagnement Stratégique du Management de Proximité

17 11 2011

Le management de proximité (encadrement intermédiaire, maîtrise) levier de performance au service de la gouvernance d’entreprise (Direction Générale)

Comme le rappelle Raymond Soubie, dans l’offre d’Alixio, http://www.alixio.fr/ cabinet conseil en stratégie sociale, management du changement et communication, le développement humain est un levier de performance, qui facilite l’adaptation des organisations au changement. En cela le management du management de proximité (gouvernance) devient de plus en plus stratégique

Les enjeux stratégiques de la Gouvernance

L’entreprise est en évolution constante (ré-organisation, fusion – rapprochement, délocalisation, plan social, etc …)

-       Ces changements sont préparés, conçus par un Top Management (Gouvernance) qui décide et « vend » (communique) la pertinence de l’évolution à l’encadrement intermédiaire (Management de Proximité)

-       Le Management de Proximité est faiblement « outillé » pour conduire la migration autrement que par la contrainte (délai, résultats à court terme)

-       Les tensions se multiplient en descendant la pyramide hiérarchique. L’apparition récente des notions de risques sociaux (RSE, RPS) aujourd’hui dans les entreprises témoigne de :

  • L’importance de l’accumulation de la pression mise pour faire évoluer les structures (les changements, réformes sont nécessaires à l’évolution de l’entreprise, à la survie et à la pérennité du modèle économique)
  • La défaillance d’un management de proximité, incapable d’exercer son rôle de levier pour favoriser la migration, incompris d’un Top Management focalisé par son discours incantatoire adressé à l’ensemble de l’entreprise

La mutation de la fonction Management

L’évolution récente (depuis près de 20 ans) de l’exercice du Management de Proximité :

-       Faire faire plus ou mieux (gains de productivité) et au plus près (raccourcissement de la ligne hiérarchique) :

  • Des clients (supply chain, commercial ou lobbying)
  • Des projets (transversaux ou stratégiques)
  • Des dossiers (techniques, gestion ou clients)

-       Equipes à effectif plus restreint que par le passé (de 2/3 à 12 personnes), ce qui conduit environ 10% de l’effectif à encadrer du personnel (parfois une seule personne)

-       Le management de proximité est aujourd’hui une fonction 4 en 1 (quatre métiers en un) :

  • Expertise (le manager traite seul une charge de travail technique : dossiers, clients, etc …)
  • Projets  (le manager anime ou participe à des groupes projets)
  • Gestion (le reporting auprès du Contrôle de gestion ou du Top Management)
  • Management de son équipe (la portion congrue de l’activité, quand il reste du temps !)

C’est un paradoxe de considérer que toute la réussite du déploiement social de la stratégie (conduite du changement) repose sur cette seule fonction d’encadrement, réduite malheureusement trop souvent à la portion congrue. Les carences de cette fonction managériale font peser le risque d’obérer la performance escomptée du fait du changement.

-       Le management est aujourd’hui encore une fonction ambivalente (parfois ambiguë) :

  • Business Management
    • Les objectifs donnés au Management reposent de plus en plus sur la valeur ajoutée générée par le business model placé sous la responsabilité du manager
  • People Management
    • Derrière chaque aspect technique, il a une composante humaine à prendre en compte, mais le manager est souvent très démuni pour le prendre en compte (temps, compétence, présence)

-       Il y a très peu d’instrument de mesure de la valeur ajoutée générée par l’exercice du management (les indicateurs sont généralement établis par défaut au niveau du Contrôle de gestion et de la DRH)

Une approche originale

Permettre au modèle socio-économique représenté par l’entreprise de fonctionner de façon harmonieuse, de croître et se développer (performance économique dans le progrès social) :

-       Plus on élève le niveau d’exigence (performance, résultat, rentabilité, productivité), plus il faut investir dans la relation d’aide (gestion des compétences, management, communication, accompagnement),

-       « Mettre de l’huile dans les rouages » en faisant en sorte que le Management de proximité « manage », c’est-à-dire soit présent auprès des équipes,

-       Convaincre le top management (Comité de Direction, Gouvernance) :

  • Que l’évolution de l’activité ne peut être réalisée par la seule qualité de son incantation (communication top/down), aussi brillante et pertinente soit-elle,
  • Qu’il ne peut pas élever son niveau d’exigence sur le management de proximité, sans s’exonérer de l’exercice (exemplarité du management), même si cet exercice est moins déterminant à son niveau,
  • Qu’il doit stratégiquement renforcer la solidité du levier de croissance que représente le Management de Proximité, s’il ne veut pas mettre en péril la performance escomptée.

L’accompagnement stratégique du management de proximité

Le savoir-faire acquis, en matière d’Accompagnement Stratégique du  Management de Proximité consiste à rendre accessible la maîtrise ou la diffusion de plusieurs supports et outils :

-       Des contenus pédagogiques, au travers d’une vingtaine de modules de formation  http://deloche.net/modules/ portés par 2 organismes de formation : Process360 :  http://www.process360.net/v2/formation/le-catalogue et l’offre formation continue de l’ESG Executive Education http://www.esg-executive.fr/formations-professionnelles-courtes/formation-management.html,

-       Un référentiel de compétences relationnelles http://deloche.net/referentiel-de-la-pratique-manageriale/ qui déclinent les bonnes pratiques du management de proximité, élaboré depuis près de 20 ans et validé auprès d’une centaine d’entreprises de tailles variées,

-       Un ouvrage de synthèse  62 gestes et Postures du Management de Proximité http://deloche.net/mes-ouvrages/ qui détaille de façon très opérationnelle une pratique managériale observable, mesurable et facilement transmissible

-       Un outil d’évaluation à 360° http://deloche.net/les-outils-devaluations/, associé à un plan de progrès individuel (en mode coaching) qui a servi a accompagné plus d’un millier de managers depuis 12 ans,

-       Des indicateurs http://deloche.net/category/management/ qui permettent de mesurer l’incidence de la pratique managériale sur le modèle socio-économique

-       Des contenus pédagogiques en ligne http://pratiques-pro.com/v2/offre-management/presentation/ qui fournissent un matériau directement accessible à des managers, DRH, coachs, formateurs pour assurer le prosélytisme en matière de pratique managériale

-       Des études de cas (21 cas pratiques du Management de Proximité) en ligne http://pratiques-pro.com/v2/offre-management/presentation/ qui fournissent à des managers confrontés à des situations délicates, un mode opératoire précis et efficace

-       Une approche originale du Coût du Non-Management http://deloche.net/le-cout-du-non-management/ qui permet d’identifier les coûts masqués (Contrôle de Gestion) dus aux carences managériale :

  • Rentabilité, productivité, taux de service (coûts directs et indirects du modèle économique)
  • Tension sociale, absentéisme, turn-over et RPS risques psychosociaux (coûts directs et indirects du modèle social)

-       Une grille d’analyse préventive permettant au manager de proximité d’anticiper les tensions au travail http://deloche.net/category/risques-psycho-sociaux/ avant qu’elle n’affecte le modèle socio-économique de l’activité (RPS et RSE, Responsabilité Sociale de l’Employeur)

-       Une réflexion sur la difficulté d’estimer la valeur ajoutée générée l’exercice du management de proximité http://deloche.net/economie-et-management-de-proximite/, et donc d’estimer son importance stratégique dans le regard du top management (la gouvernance)

-       Une pièce de théâtre démontrant que la maladresse du manager stressé qui stresse son équipe n’est pas une fatalité http://deloche.net/lelephant-mimosa-2/ ; bande-annonce sur You tube http://www.youtube.com/watch?v=bj1jlx2zoZI

En quoi l’accompagnement du Management de Proximité devient stratégique et économiquement indispensable aujourd’hui

Les entreprises (publiques et privées) sont de plus en plus sollicitées par un environnement social et sociétal qui les interpellent sur leur pratique managériale (conduite du changement, politique sociale, migration de l’activité) : media, salariés, clients, ONG, collectivités territoriales, citoyens, organisations syndicales, pouvoirs publics locaux et nationaux, etc.).

L’incidence de cette sollicitation sur la performance de l’entreprise est de plus en plus prégnante, le maniement des leviers de performance et la mesure de la valeur ajoutée deviennent des enjeux stratégiques.

L’approche originale de l’Accompagnement Stratégique du Management de Proximité contribue à démontrer que le levier potentiel du Management de Proximité ne fonctionne pas s’il n’a pas les moyens (temps, outils, compétences) d’exercer sa fonction management  humain (people management). Elle démontre (et quantifie), également, que si le Management de Proximité fait défaut, cela peut nuire structurellement et fortement à la performance du modèle socio-économique.

Les nouvelles obligations d’information et de négociation sociale : stress, RSE, politique sociale, communication de crise influencent directement le Management de Proximité. L’Accompagnement Stratégique du Management de Proximité apporte des solutions très pragmatiques à des managers de proximité un peu seul face à tous ces enjeux, à une DRH un peu démunie en instruments de migration et à une Direction Générale parfois éloignée de cette réalité.

Dans l’économie réelle, la mobilisation et l’implication de tous les salariés restent au cœur de la performance (contribution individuelle et collective d’un modèle économique au service d’une valeur ajoutée de plus en plus présente). Mais les ressorts qui permettent la mobilisation au travail (contribuer, générer de la valeur ajoutée) deviennent aujourd’hui plus complexes à maîtriser :

    • Les environnements de travail  sollicitent davantage aujourd’hui qu’hier les capacités relationnelles, cognitives et créatives, nécessitant une implication personnelle toujours plus grande et un niveau d’engagement toujours plus fort  des salariés (et en même temps les instruments méthodologiques ne sont pas présents qui permettent d’identifier des compétences relationnelles, codifiables, évaluables, transmissibles et qui ne remettent pas en cause l’individu dans sa personnalité)
    • Le besoin de donner du sens à son travail, ce qui implique d’être en mesure de comprendre les enjeux des projets menés, des migrations proposées, et d’adhérer à une stratégie en perpétuelle évolution.  La cohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait est un enjeu compliqué pour des niveaux hiérarchiques qui ne partagent pas la même réalité
    • Les attentes individuelles et collectives de reconnaissance (monétaire, psychologique et symbolique) et d’équité renvoient à l’importance primordiale de l’exemplarité du management, de la gouvernance (top management) à la maîtrise
    • La remise en question des aspirations individuelles (réussir sa vie professionnelle, personnelle) face à l’intérêt collectif (au profit d’une équipe, d’une entreprise, d’un groupe, parfois dilué dans la masse et la dimension internationale). Mais comment prendre en compte les aspirations individuelles s’il y a carence/absence du management de proximité, et s’il n’ groupe)y a pas d’espace ou de lieu pour exprimer ces aspirations individuelles ?).
    • La difficulté de mettre en place un véritable dialogue social dans l’entreprise, avec des partenaires sociaux (les syndicats) fragilisés par la faiblesse de leur représentativité. Dans cette difficulté, le manque de mise en commun (partage) de méthodes, d’outils, de référentiels, d’instruments d’évaluation) ne peuvent créer qu’une zone de flou polémique qui ne peut conduire les personnes démunies (IRP, DRH, DG) qu’à des relations conflictuelles. Sans marge de manœuvre ou matière à négocier, il n’y a que l’opposition frontale et collective.
    • La très grande solitude d’un encadrement intermédiaire, qui se sent parfaitement démuni face à ce qu’il vit comme des injonctions contradictoires : l’adhésion à une organisation qui est en perpétuelle évolution, les attentes d’un personnel toujours plus exigeant de relation d’aide et des partenaires sociaux en continuelle concurrence d’autorité. (cf L’éléphant Mimosa, le manager stressé qui stresse son équipe)
    • La défaillance d’un encadrement, aujourd’hui plus absent qu’hier, car il doit intégrer dans son activité personnelle une charge de travail qu’il ne délègue à personne (Expertise), le fait participer à des projets stratégiques ou transversaux (organisation matricielle) et d’être beaucoup plus sollicités par les outils de gestion (Reporting). Même si les équipes sont plus réduites, les managers de proximité ont énormément de mal à rester présents et disponibles pour l’exercice du management humain (la relation avec leur équipe).

En cela l’Accompagnement Stratégique du Management de Proximité propose des outils efficaces. Même si la démarche est globale (conduite du changement), pour qu’elle soit en mesure de traiter tous les enjeux (performance, valeur ajoutée, croissance), elle doit prendre en compte que le levier Encadrement intermédiaire peut :

  • Soit assurer et pérenniser la croissance
  • Soit freiner et provoquer la décroissance (coût du non-management)

Seule une démarche globale permet de traiter ces enjeux afin d’en faire un levier de performance. Je ne peux pas (positionnement, largeur et profondeur de l’offre, dimension de ma structure) porter cette démarche globale, mais cela m’intéresse de contribuer à nourrir cette démarche globale, avec mes outils et mes savoir-faire.

Dominique Deloche

Parcours et compétences

http://deloche.net/parcours-pro/

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La notion de Curseur en matière de Management de Proximité

29 10 2011

La notion de curseur, en matière de Management de Proximité  évalue la Performance (Qualité) de la Pratique Managériale sur une grille de 0 (Le Manager de Proximité de ne fait jamais) à 5 (Le Manager de Proximité fait systématiquement).

Cette notion de curseur est destinée à poser des Standards de Qualité et de Valeur en matière de Management de Proximité. Elle s’appuie sur un Référentiel de la Pratique Managériale précis.

http://deloche.net/referentiel-de-la-pratique-manageriale/

Les conséquences (rapport de cause à effet) prévisibles sur le fonctionnement de l’équipe (implication/motivation) sont directement liées à la Pratique, ou non, Managériale.

Une grille en 18 curseurs

Ces curseurs se déclinent sur 6 aspects (domaines) qui détaillent  toutes les composantes de la Pratique Managériale de Proximité :

Donner l’exemple

Le Management de Proximité se construit à partir d’une exemplarité qui fait que, de la Gouvernance de l’entreprise jusqu’à la Maîtrise, toute la pyramide hiérarchique est et doit être concernée par l’exercice du management :

-      L’autorité du Manager s’exerce et est reconnue

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de générer  de la légitimité (l’autorité du manager est forte et reconnue)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de générer un faible crédit  (l’autorité du manager est faible et son crédit insuffisant)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de générer un déficit d’image (son image de manager est contestée)

-      Le Manager produit un effet d’entraînement

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de produire  de l’enthousiasme et de l’émulation
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de produire de l’indifférence et du désengagement
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de produire de la contestation et du rejet

-      Le Manager donne du Sens à l’Action

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de renforcer la focalisation (centrée sur les priorités d’action)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de susciter doute et incohérence (priorités d’action mal définies)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de conduire à  l’éparpillement (pas de priorités d’action)

Convaincre

La qualité de la relation interpersonnelle entre le Manager de Proximité et chaque membre de son équipe fonde le lien social qui permet à une équipe de bien fonctionner ensemble :

-      Le Manager a et donne confiance en son équipe

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de susciter la confiance en retour de la part des membres de l’équipe
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de déclencher du  scepticisme  (la confiance est limitée)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de provoquer la méfiance et la défiance au sein de l’équipe

-      La communication du Manager avec son équipe fonctionne

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de générer  de l’empathie (adhésion et compréhension)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de conduire à l’apathie (faible adhésion et compréhension)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de provoquer l’antipathie (rejet et incompréhension)

-      Le Manager exerce un niveau d’exigence conséquent

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de renforcer la contribution (performance, efficacité)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de susciter de la réserve (contribution inférieur au potentiel)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de provoquer de la résistance (contribution faible ou inexistante)

Organiser

Le Management de Proximité est le garant de la qualité et de la performance de l’activité dans le périmètre dont il a la responsabilité. C’est sur cette qualité de l’organisation que repose le modèle économique (productivité, rentabilité, taux de service):

-      Le Manager apporte Méthode et Structure dans l’Organisation

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de renforcer l’efficacité de l’organisation (l’activité est performante)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de dégrader l’efficacité de l’organisation  (la performance de l’activité est inférieure à son potentiel)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de provoquer la déliquescence de l’organisation (l’activité dysfonctionne)

-      Le Manager assure la fiabilité du Process de l’activité encadrée

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence d’améliorer la qualité du process (gain de productivité et excellence du livrable)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence d’altérer la qualité du process (médiocrité de la qualité et du livrable)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de générer de la non qualité (dans le process comme dans le livrable)

-      Le Manager fait évoluer le Process de l’activité encadrée

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de générer  de l’efficience (même effort, plus de performance)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de dégrader la performance (le process n’est plus adapté)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence accélère l’obsolescence (le process est déficient et la performance est en chute libre)

Impliquer

Le Management de Proximité s’attache à ce que chacun, dans l’équipe, soit concerné par sa mission et qu’il ait tous les moyens de l’exercer dans les meilleures conditions :

-      Le Manager fait progresser chacun des membres de son équipe

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence développe la compétence (perfectionnement et émulation)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence limite la compétence  (facilité et confort personnel)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence renforcer l’incompétence (régression et mécontentement)

-      Le Manager s’assure que chacun dispose de l’information nécessaire

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de favoriser  de l’intégration dans le collectif de travail (l’information circule)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de créer la marginalisation au sein du collectif de travail (désinformation et rumeurs)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence d’exclure du collectif de travail  (isolement et ignorance)

-      Le Manager engage chacun dans l’équipe à l’action

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de permettre le dépassement de soi (émulation et proactivité)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de générer de l’attentisme (réactivité conditionnelle)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de provoquer l’indifférence (absence de réaction, immobilisme)

Motiver

Le Management de Proximité consiste également à agir sur la motivation individuelle et collective de sorte que chacun au sein de l’équipe puisse se mobiliser sur sa mission en y tirant un niveau de satisfaction personnelle important :

-      Le Manager détecte le moindre décrochage de motivation et y remédie

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de créer les conditions de la résilience (faire rebondir le subordonné)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de susciter des dérives  (le processus de décrochage se met en œuvre)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de provoquer le rejet et le hors-jeu (risques psycho-sociaux RPS)

-      Le Manager endigue le mécontentement et la lassitude

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de stimuler l’investissement personnel (disponibilité et prise d’initiatives)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de générer de la fatigue et de l’agacement (désengagement professionnel)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de provoquer des situations de blocage (désaccord, conflit)

-      Le Manager mobilise chacun (sur les plans individuel et collectif)

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de créer l’envie et de l’enthousiasme (obtenir sans demander)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de susciter des contreparties (tout se discute âprement)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de renforcer la contrainte et l’aliénation (imposer pour obtenir)

Fédérer

Le Management de Proximité pilote une équipe et s’appuie sur l’expérience collective pour permettre à chacun au sein de l’équipe de contribuer à la réussite de l’ensemble :

-      Le Manager impulse une dynamique au groupe qu’il encadre

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de permettre la synergie (le groupe, l’action collective fonctionnent)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de provoquer des clivages au sein de l’équipe  (clans et divisions)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de développer l’individualisme (chacun pour soi)

-      Le Manager développe un esprit de corps au sein de l’équipe

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de renforcer l’émulation collective (volonté de réussir ensemble)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de favoriser retrait du collectif (repli sur soi, désintérêt du projet commun)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de provoquer mercenariat (réussir seul hors du collectif)

-      Le Manager promeut la solidarité entre les membres de l’équipe

  • Si la pratique est forte, elle a pour conséquence de créer  de l’entraide au sein du groupe (capitalisation d’expériences)
  • Si la pratique est molle, elle a pour conséquence de générer de renforcer le clanisme (chantage affectif, entraide sélectif)
  • Si la pratique est faible, elle a pour conséquence de renforcer l’égoïsme (égocentrisme caractériel, refus de partager)
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Référentiel de la Pratique Managériale

29 10 2011

Ce référentiel de la Pratique Managériale a été élaboré depuis 20 ans grâce à la collaboration de diverses entreprises pour bien identifier les multiples composantes du management de proximité. Au fil des années et de l’expérience, ce référentiel a évolué, été modifié, s’est précisé, concrétisé. Il prend la forme aujourd’hui d’un inventaire de gestes techniques (ou de compétences relationnelles) spécifiques à l’exercice du Management de Proximité.

Cette forme n’est pas définitive, elle correspond à une somme, un travail de compilation, toujours itératif, destiné à prendre en compte toutes les composantes qui rassemble des managers œuvrant dans des activités différentes.

Le choix de 64 items est volontairement restrictif. Nous avons tenu à être le plus concis possible, car ce référentiel est utilisé comme outils d’évaluation (notamment évaluation à 360°) et que nous souhaitions synthétiques.

Peu à peu, au fur et à mesure des validations effectuées par de nombreuses entreprises (de taille et d’activité variées), et par de nombreuses coachs et formateurs spécialisés dans l’accompagnement du management, il nous semble que cette grille d’analyse couvre la majorité de ce qui est demandé et attendu d’un manager en exercice.

La majorité de ces 64 gestes techniques listés ci-après, par chapitre, sont détaillés dans le contenu de l’ouvrage « 64 gestes et postures du Management de Proximité » par Dominique DELOCHE (Process360 – 2011). Ce contenu est accessible en ligne http://pratiques-pro.com/v2/

Donner l’exemple

- Le manager prouve son esprit de justice par des interventions équitables

- Le manager adopte un comportement exemplaire

- Le manager incarne des valeurs personnelles fortes et intangibles

- Le manager applique des méthodes simples, précises, efficaces

- Le manager dégage l’essentiel de l’accessoire

- Le manager se nourrit des remarques, critiques, réactions qui lui permettent de rebondir

- Le manager ne contourne pas les difficultés, mais les affronte avec détermination

- L’action quotidienne fournit au manager prétexte à apprentissage

- Le manager anticipe l’action à venir grâce à sa vision stratégique

- Le manager remet en cause son périmètre d’action pour le faire progresser

- Le manager ne fait jamais à la place de son subordonné

- Le manager sait dire non

- Le manager accorde de l’importance à l’élégance de la forme et du  savoir-faire

Convaincre

- Le manager salue et dit bonjour à toutes les personnes qu’il rencontre

- Le manager pratique l’écoute active (qualité de l’écoute)

- Le manager intègre la vision de son interlocuteur

- Le manager expose et explique avec clarté

- Le manager convainc son interlocuteur lorsque c’est nécessaire

- Le manager écrit ce qui a été convenu avec son interlocuteur

- Le regard critique du manager fait progresser son interlocuteur

- Le manager obtient de la part de son interlocuteur

- Le manager résume l’action en quelques points clés

- Le manager accorde le droit à l’erreur

Organiser

- Le manager gère son temps avec efficacité

- Le manager prépare chaque action et le fait savoir

- Le manager anime des réunions structurées

- Le manager délègue avec efficacité

- Le manager fait évoluer l’organisation sous sa responsabilité

- Le manager utilise des tableaux de bord de suivi de son activité

- Le manager prend des décisions

- Les fonctions, sous la responsabilité du manager, sont formellement définies

- Le manager respecte les délais et les fait respecter

- Le manager pense plus en termes de solutions qu’en termes de problèmes

- Le manager respecte et fait respecter ses priorités d’action

- Le manager travaille dans un environnement organisé et rangé

Impliquer

- Le manager prouve son intérêt pour les relations humaines

- Le Manager pratique un entretien annuel et le fait vivre tout au long de l’année

- Le manager évalue les compétences de ses subordonnés

- Le manager fait progresser ses subordonnés

- Le manager débriefe la formation suivie par son subordonné

- Le manager gradue le plan d’action pas à pas pour progresser régulièrement

- Le manager acte régulièrement de la progression de chacun dans son équipe

- Le manager fait une réunion d’information et de pilotage tous les mois

- Le manager ouvre un dossier de progrès pour chaque subordonné

- Le manager veille à faire respecter la confidentialité et le devoir de réserve

- Le manager prend des dispositions pour sécuriser les données traitées dans son activité

Motiver

- Le manager s’implique dans son travail et sa responsabilité

- Le manager propose des challenges attractifs à son entourage

- Le manager tire le meilleur de son interlocuteur

- Le manager valorise le bel ouvrage, la finition

- Le manager contrôle la qualité du travail effectué

- Le manager développe l’autonomie de chacun dans son équipe

- Le manager complimente avec sincérité

- Le manager réprimande avec équité

- Le manager aide ses subordonnés à se fixer une ambition à terme

- Le manager insuffle de l’énergie individuelle et collective au sein de son équipe

- Le manager détecte les indices de la démotivation

Fédérer

- Le manager pratique le travail en équipe

- Le manager implique son équipe dans des projets innovants

- Le manager résout les situations conflictuelles

- Le manager inscrit l’action au quotidien dans une vision globale de l’avenir

- Le manager fixe des défis qu’il sait pouvoir atteindre (objectifs accessibles)

- Le manager croit en son équipe et développe la réussite collective

- Le manager traduit les valeurs de l’entreprise pour son équipe

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Prévention primaire des RPS (Risques Psycho-Sociaux)

6 10 2011

une grille du décrochage du subordonné en 9 stades critiques

Cette grille du processus de la démotivation donne des indications sur la gravité des risques psychosociaux susceptibles d’affecter l’état de santé des subordonnés concernés.

Le rôle du manager de proximité est de détecter au plus tôt les indices de la démotivation ; plus le manager de proximité est en capacité de repérer tôt les symptômes de la démotivation dans le processus, mieux il pourra limiter les risques psychosociaux qui peuvent apparaître dans son équipe et y remédier résolument et rapidement.

Le processus de la démotivation se dégrade en neuf niveaux. A chaque niveau, si on ne fait rien, les effets de la démotivation sont plus dommageables pour le subordonné et pour l’activité (voire l’équipe) :

Stade 1 L’inhibition (le seuil d’incompétence)

Dans cette situation, le subordonné n’arrive plus à assumer ou à trouver seul la solution à une difficulté qu’il rencontre dans son travail ; il perd son niveau d’assertivité, de professionnalisme et atteint, sur un point particulier de sa fonction son seuil d’incompétence, par référence aux travaux de Lawrence J. PETER (« Le principe de Peter »), révélant ainsi son incapacité à surmonter seul cette épreuve ou ce problème momentané. Le subordonné est en train de « coincer », sans trouver d’issue à son blocage. La très grande difficulté, pour le manager est de repérer cette inhibition dans une activité qui privilégie la réactivité et l’urgence. La posture du manager pour permettre de rebondir repose sur la Relation d’aide.

Les risques psycho-sociaux portent sur les effets négatifs du stress sur le subordonné, sous pression du fait de son incapacité à surmonter son incompétence relative, momentanée et ponctuelle sur un point précis de son travail. Un simple recadrage suffit la plupart du temps. Mais sans ce recadrage, la pression risque de produire un stress violent et perturbant pour le subordonné.

Si le manager ne repère ni n’intervient sur ce niveau, c’est-à-dire s’il ne remédie pas à ce premier stade, le processus continue, la gravité des risques psycho-sociaux prévisibles s’élève et laisse apparaître le stade suivant :

Stade 2 Le découragement (la perte de confiance)

Dans cette deuxième situation, le subordonné commence à perdre confiance, en lui, dans l’équipe et ne sait plus demander de l’aide ; Le fait d’avoir « coincé » sur un point précis de son travail, s’additionne d’un ou de plusieurs autres aspects de son travail qu’il n’arrive plus à maîtriser, non plus. L’absence de vigilance du manager peut le conduire à laisser son subordonné perdre « pied » et se mettre en retrait. La posture du manager pour permettre de rebondir repose, à nouveau, sur la Relation d’aide.

Les risques psychosociaux portent sur l’accumulation et l’amplification des effets négatifs du stress sur le subordonné, sous une pression qui se répète et se multiplie. Il commence à réellement douter de son niveau de compétence professionnelle, dans son poste, et s’interroge sur sa réelle légitimité dans sa fonction. Les efforts répétés sans résultat, les interrogations sans réponse augmentent son niveau de fatigue, et altèrent son comportement (mauvaise humeur, indisponibilité). Il peut y avoir un début de prise de médicament, généralement des calmants, des décontractants ou des somnifères.

Si le manager ne repère pas les symptômes de la démotivation ni n’intervient à ce stade du processus, c’est-à-dire s’il ne prend pas en compte les risques psychosociaux, le processus continue, la gravité des risques prévisibles s’élève et laisse apparaître le stade suivant :

Stade 3 L’insécurité (la perte de lucidité)

Dans cette troisième situation, le subordonné, après avoir perdu de son assurance et de sa confiance (en soi, dans les autres) commence à entamer son niveau de lucidité sur ce qui est en train de se passer, il commence à vivre et ressentir une certaine forme de relative « paranoïa » qui lui fait perdre la mesure des difficultés auxquelles il est confronté ; il a tendance à « grossir » la réalité et les conséquences des problèmes professionnels qu’il vit ; la non disponibilité du manager de proximité à ce moment névralgique du processus risque de le conduire à ne pas prendre suffisamment tôt la mesure de ce qui est en train de se produire et de se dégrader. La posture du manager pour permettre de rebondir repose, encore, sur la Relation d’aide, mais c’est l’ultime fois qu’il pourra intervenir sur ce registre.

Les risques psycho-sociaux portent sur l’accumulation et l’amplification des effets négatifs du stress sur le subordonné, à un niveau d’intensité supérieur, proche de l’état de panique. Il commence à ne plus savoir se situer professionnellement, le doute sur ses compétences fait qu’il est constamment « sous pression », à tord et/ou à raison. Il compense plus qu’il n’intervient, son niveau d’anxiété est continuel. Il devient fébrile et susceptible, exagère l’importance et la portée de la moindre réflexion à son égard, particulièrement concernant la qualité de son travail. La prise de médicament et les doses augmentent, généralement accompagnée de prise de boisson ou de la consommation de cigarettes. L’entourage personnel, privé du subordonné commence à s’apercevoir dans le quotidien du malaise occasionné par la situation professionnelle.

Si le manager ne repère ni n’intervient sur ce niveau, c’est-à-dire s’il ne remédie pas aux effets nocifs provoqués par ce troisième stade, le processus continue, la gravité des risques psychosociaux prévisibles s’élève fortement d’autant qu’il a épuisé la possibilité d’intervenir dans une posture de Relation d’aide. Ce laisser faire dommageable, en matière de management de proximité, laisse apparaître le stade suivant :

Stade 4 L’évitement (la critique des moyens)

Le subordonné, à présent engagé dans un processus qui le mobilise, le met en mouvement, devient revendicatif et le conduit à remettre en cause les moyens, l’organisation à laquelle il impute le motif de sa démotivation. Après s’être amèrement remis en cause, il va à présent se défendre en s’attaquant à son entourage, et dans un premier temps à ce qui en constitue l’environnement factuel, immédiat, technique et organisationnel de sa fonction. Le comportement du subordonné ne peut plus échapper au manager qui doit absolument intervenir pour arrêter le processus et empêcher qu’il ne s’aggrave. Le manager doit changer de posture, pour permettre au subordonné démotivé de rebondir. Il lui faut à présent intervenir plus fermement en élevant son niveau d’exigence.

Les risques psycho-sociaux portent sur une réaction au stress qui entraine des comportements déviants et vindicatifs. La posture du subordonné emprunte de plus en plus à ce que Pascal BRUCKNER nomme la victimisation (« La tentation de l’innocence »). Installé dans une posture de victime, le subordonné subit les effets destructeurs du stress quotidien. Il est continuellement confronté à l’énervement, la colère, la violence (celle qu’il subit et celle qu’il répercute), la rancœur et la frustration. Il est généralement sous traitement régulier, et les arrêts de travail commencent à se multiplier, souvent additionné de prise de boisson ou de la consommation de cigarettes. L’entourage professionnel du subordonné commence à subir les effets de sa démotivation qui vient peser lourdement sur l’ambiance au sein de l’équipe et sur le climat social. Le subordonné naturellement se rapproche du ou des représentants de proximité des organisations syndicales et il alimente volontiers les sujets de contestation et de polémique au sein de l’activité.

A ce stade, le manager ne peut plus « passer à côté » des effets de la démotivation du subordonné. Mais s’il n’intervient toujours pas, c’est-à-dire s’il ne remédie pas à ce quatrième stade, imposant qu’il élève son niveau d’exigence, le processus continue, la gravité des risques psycho-sociaux prévisibles s’élève d’autant plus fortement qu’il a épuisé la possibilité d’intervenir dans une posture de Relation d’aide. Ne pas intervenir à ce stade laisse irrémédiablement « pourrir » la situation qui va rapidement « déraper ». Ce laisser faire dommageable, en matière de management de proximité, laisse apparaître le stade suivant :

Stade 5 L’agression (la critique des personnes)

Dans cette situation, le subordonné, à présent violemment entraîné dans le processus de désengagement, déplace l’objet de ses revendications et commence à remettre en cause les personnes, imputant à d’autres, à tord ou à raison, les causes et la responsabilité de sa démotivation. Le comportement du subordonné, devient largement perturbant pour l’activité et l’équipe. Si le manager n’intervient pas à ce niveau, il risque fort de cautionner la situation et de provoquer rapidement l’accélération du processus. La posture du manager, pour permettre au subordonné démotivé de rebondir tient à nouveau à sa capacité à élever son niveau d’exigence.

Les risques psycho-sociaux, dans cette situation, sont devenus une réalité palpable. Les troubles du comportement sont visibles par tous, dans l’entourage du subordonné : irritable, vindicatif, les relations avec lui deviennent compliquées et fréquemment les sujets se transforment en quiproquos. Il se place de plus en plus en plus dans une posture en retrait, critique voire caustique envers toutes les personnes susceptibles de le remettre en cause. Ses absences répétées (arrêts de travail) développent sa paranoïa (« les gens profitent de son absence pour lui nuire »). Il multiplie les traitements et commencent à consulter plusieurs médecins. Il n’est généralement pas encore prêt à faire un travail thérapeutique d’accompagnement (avec un psy), niant la moindre part de sa responsabilité personnelle dans ce qui arrive. Il élève son niveau d’exigence sur toutes les personnes de son entourage (collègues, encadrants, clients, fournisseurs). La consommation de boisson ou de cigarettes commence à avoir des conséquences médicales graves. L’entourage professionnel du subordonné est de plus en plus affecté par les effets de sa démotivation qui détériore l’ambiance au sein de l’équipe et le climat social. Les collègues du subordonné demandent au manager d’intervenir urgemment car la situation de travail (stress, frustration) se dégrade pour eux de façon alarmante.

A ce stade, si le manager n’intervient toujours pas pour tenter de « sortir » le subordonné de la spirale de sa démotivation. S’il tarde à intervenir ou le fait faiblement sans exercer le niveau d’exigence nécessaire à ce cinquième stade, il prend la responsabilité personnelle d’une situation qu’il laisse dégrader. La gravité des risques psycho-sociaux encourus constitue une somme de précédents qui vont devoir se régler au niveau supérieur. Les manquements managériaux alimentent une dérive de fait et la responsabilité du manager de proximité peut être imputée. Mais le processus continue, malgré ce laisser faire dommageable, en matière de management de proximité, et laisse apparaître le stade suivant :

Stade 6 Le conflit (la contestation de la hiérarchie)

Dans cette situation, le subordonné, prisonnier d’un processus qui commence à le dépasser et laissé libre d’exprimer sa rancœur et son dépit va à présent s’en prendre directement à son manager, le rendant responsable, par son action (ou son inaction) de sa démotivation. La difficulté, pour le manager, porte sur le fait que la revendication du subordonné le remet en cause lui-même, ce qui le place dans une position délicate pour faire rebondir le subordonné. La posture du manager, là encore, pour permettre au subordonné démotivé de rebondir, repose sur sa capacité à élever son niveau d’exigence. Mais il ne peut plus le faire, à ce stade, qu’en relation avec la DRH, ou son n+1 hiérarchique, qui doit pouvoir servir de relai et de médiateur.

Les risques psycho-sociaux sont d’autant plus graves que l’on est arrivé à la définition du harcèlement. Le témoignage, le vécu, le ressenti du subordonné expriment une situation dans laquelle il se sent harcelé, et naturellement le manager de proximité va venir cristalliser toute la rancœur et la frustration du subordonné. Les arrêts de travail, les expertises auprès de la médecine du travail ou des médecins traitants ne peuvent que constater un haut niveau de stress et les conséquences désastreuses sur l’état de santé du subordonné. La posture de victime est généralement à ce stade sur un mode passif, témoignage de toute la violence dont a fait l’objet le subordonné harcelé. L’absence d’éléments tangibles dans le dossier (entretiens, recommandations, pistes de re-motivation, engagements réciproques) empêcheront tout retour à la normal. S’il n’est plus possible d’envisager un retour à la normal thérapeutique, la tension va encore s’aggraver d’un cran, dans un « baroud d’honneur » du subordonné contre l’entreprise qu’il l’emploie et son représentant le plus proche (le manager de proximité). Le dossier est devenu un cas particulier que les représentants du personnel évoquent régulièrement lors des réunions de Délégués du Personnel ou dans le cadre du Comité d’Hygiène et Sécurité.

A ce stade, le manager est contraint d’intervenir sous la pression de l’évènement et des partenaires sociaux, avec le concours de la DRH. Il devient un élément « à charge » du dossier concernant le subordonné. Si aucune solution n’est véritablement donnée à la démotivation du subordonné, elle peut se prolonger, et le processus continuer. A ce stade, le manager a épuisé les possibilités qu’il avait de régler la situation en élevant le niveau d’exigence. Si le processus continue, il laisse apparaître le stade suivant :

Stade 7 Le retrait (le désengagement)

Dans cette situation, le subordonné, dont la démotivation est évidente pour tout le monde, commence à se désengager de l’activité, en ne respectant plus les conditions initiales de sa fonction (définition de fonction, responsabilité, devoirs). La difficulté, pour le manager, tient au fait que sa responsabilité est à présent engagée et que sa non–intervention passée ne lui permet plus (aux yeux du subordonné) d’intervenir en toute légitimité. La posture du manager doit évoluer, avec encore plus de fermeté et il lui appartient de sanctionner tout débordement.

Les risques psycho-sociaux sont devenus, dans cette situation, très importants. Si le subordonné n’a pas dans sa vie privée l’occasion de compenser ou de rétablir une situation professionnelle insupportable, les risques peuvent à tout moment devenir l’occasion de comportements extrêmes. Car le subordonné est entré, avec ce septième stade, dans une nouvelle posture de comportement mortifère. Son désengagement est en fait une posture de désespoir et de mal être, qu’il porte continuellement en lui. Sa posture systématique de victime « appelle » des comportements en réaction de « persécuteurs », qui vont justifier, nourrir et reproduire la position de dominant/dominé.

A ce stade, le manager peut être tenté de se désengager de la situation et de laisser la place à la DRH et aux services sociaux. Cette posture ne peut qu’aggraver la situation en désocialisant le subordonné (en ne le traitant plus sur un pied d’égalité avec les autres membres de l’équipe). Si aucune solution n’est toujours pas donnée à la démotivation du subordonné, celle-ci peut encore malheureusement se prolonger, et le processus continuer. A ce stade, le manager ayant épuisé le fait d’élever son niveau d’exigence, doit en venir à la sanction assortie, sur un mode directif, à la sortie de crise, au profit du subordonné. Mais si le processus continue, il laisse apparaître le stade suivant :

Stade 8 Le hors-jeu (le rejet et la désocialisation)

Dans cette situation, le subordonné, dont la démotivation crée un véritable handicap à l’activité (un « poids mort » très préjudiciable), « flirte » avec les lignes du hors jeu, les interdits, profitant du fait que le manager, n’étant toujours pas intervenu, porte lui aussi la responsabilité personnelle du comportement déviant de son subordonné. Le problème du manager, à ce stade de la démotivation de son subordonné, est de se convaincre encore qu’il est encore possible (et réaliste) de remédier à la situation. Il lui faut trouver et dépenser une énergie considérable pour faire rebondir son subordonné, d’autant qu’il n’en a plus envie certainement. La posture du manager tient à nouveau à sa capacité à sanctionner tout débordement supplémentaire.

Les risques psycho-sociaux sont devenus extrêmes. Le subordonné s’est mis en retrait de la vie du groupe, sa présence est très aléatoire (arrêts de travail, isolement). Le comportement mortifère devient provoquant, comme si paradoxalement le subordonné, dans une réaction de désespoir menait des actions interdites (hors-jeu) uniquement dans le but de continuer à encore exister (et risquer de se faire prendre ou punir). Seul un recours extérieur (thérapeute, psy, médecin) peut maintenir un semblant d’équilibre qui permette au subordonné de tenir. Ses provocations sont des appels à l’aide. L’état de santé est épouvantable et le subordonné peut ne plus suivre régulièrement les traitements, ce qui provoque des états de crises ou des passages fréquents à l’hôpital ou auprès du médecin du travail.

A ce stade, le manager doit obligatoirement intervenir pour sanctionner les hors-jeux, ne serait-ce que pour donner du sens au management du reste de l’équipe. Mais si la sanction n’est pas assortie d’un plan d’action ultime pour permettre au subordonné de s’en sortir, elle ne pourra mettre fin au processus en cours, lequel peut encore s’aggraver et laisser apparaître le dernier stade :

Stade 9 La fuite (l’état suicidaire)

Dans cette situation, le subordonné, démissionnaire dans ses actes et ses propos, s’exonère de toute contingence et s’affranchit de tout accord passé. Son absentéisme ou la violence de ses réactions sèment le désordre dans l’activité. Le subordonné a atteint l’état suicidaire. Le passage à l’acte ne dépend plus que d’une circonstance, parfois sans rapport avec l’importance des enjeux professionnels. La moindre décision, réflexion, annonce peut constituer l’effet déclencheur d’un passage à l’acte. La pression s’exerce sur le manager de la part de son entourage immédiat qui ne tolère pas son laxisme ou sa lâcheté. Il lui faut trouver une énergie considérable pour changer de posture et prouver sa détermination à sanctionner ce qu’il a cautionné parfois depuis un certain temps.

Le comportement suicidaire est d’autant plus dangereux que la présence du subordonné est irrégulière et que, lorsqu’il est présent, il a tendance à s’isoler et à se renfermer sur lui-même. Il parle peu, vit à l’écart et sur un rythme différent du reste de l’équipe. Seule la présence constante d’une « oreille amie » peut permettre d’éviter le pire. Il convient également de surveiller autant que possible que le ou les traitements encours sont bien suivis. La concertation entre les recours extérieurs (famille, thérapeute, psy, médecin) et l’entourage amical du subordonné peut permettre d’éviter le pire.

A ce dernier et ultime stade, la position du manager de proximité doit obligatoirement de tenter d’intervenir pour ré envisager un avenir, à très court terme, qui ne peut être conditionné que par un changement radical de comportement, toujours possible si le subordonné accepte de sortir peu à peu de l’état de blocage dans lequel il se trouver enfermé.

Prévention Primaire des Risques Psycho-sociaux : Manager pour éviter les Risques psycho-sociaux

Il existe une réelle opportunité à militer dans les entreprises pour une prévention primaire sur le management de la santé au travail. Pour cela plusieurs actions, conjointes et complémentaires peuvent être entreprises :

  • la transmission par les managers en place (exemplarité du top management), des conditions de l’exercice du Management de Proximité, sur les différents aspects évoqués plus haut :
    • une organisation du travail qui équilibre les exigences de la performance et de l’ergonomie,
    • une qualité de la relation qui privilégie la confiance et la bonne entente,
    • un niveau d’implication qui permette à chacun de s’engager dans l’action,
    • une cohésion de groupe qui renforce l’action collective et la solidarité,
    • une motivation individuelle et collective qui soutienne l’investissement de chacun dans sa mission,
    • une exemplarité de l’encadrement qui donne du sens à l’action.
  • l’évaluation de la pratique managériale, pour s’assurer qu’à tous les niveaux hiérarchiques, les encadrant sont présents et impliqués dans l’exercice du management de leurs équipes, afin de sensibiliser les managers évalués à modifier leur action au quotidien,
  • la mise en place de Plans de Progrès Individuels permettant aux managers de proximité de faire évoluer et d’améliorer la qualité de leur pratique managériale et de leur capacité à détecter les risques psycho-sociaux susceptibles d’affecter leurs subordonnés,
  • l’accompagnement des managers (suivi des Plans de Progrès individuels), soit par leur propre encadrement, soit par d’autres managers ou coachs internes, soit par des coachs spécialisés.

La qualité de la proximité (la présence et l’exercice récurrent) est le meilleur moyen de lutter contre l’apparition de risques psycho-sociaux qui viennent continuellement entamer l’état de santé des salariés dans l’entreprise.

Dans cette période de forte pression sur les performances et les changements rapides d’organisation que nous connaissons actuellement, il est nécessaire de doter les managers des moyens de s’assurer que leurs subordonnés peuvent contribuer (valeur ajoutée) à hauteur de leurs talents et compétences, au mieux de leur santé et de leur bonne forme.

Dominique DELOCHE

Octobre 2011

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Rationaliser le management des hommes

31 08 2011

Article de Chantal BUHAGAR de CANOOE

Rationaliser le management des hommes

bien vu.
Toute la difficulté, c’est de pouvoir repérer les pratiques dangereuses et déviantes des « géreurs » de la fonction managériale dans les décisions du top management, des RHs, etc … Avec les meilleures intentions gestionnaires, on peut générer des actions aux conséquences humaines désastreuses. N’oublions jamais que les responsables des camps de la mort nazis n’avaient que des problèmes de logistique et de stock ! Merci Chantal

Début de l’article :

Maîtriser les comportements professionnels : le rêve de toute entreprise,
le cauchemar des salariés.

C’est bizarre un clou. On lui tape sur la tête, d’abord timidement, puis on s’enhardit et on frappe plus fort. Il se tord de douleur et alors on s’énerve, on crie et on tape dans l’autre sens pour le redresser. Et puis non, tiens, on le jette et on en prend un autre. Pour taper encore. C’est qu’on y prend du plaisir, finalement : ça défoule. Des clous qu’on enfonce, voilà ce que sont les employés non conformes de Human Tools, l’entreprise hyper rationalisée qui vend ses kits de rationalisation aux entreprises qui ne le sont pas encore assez. Peut-on stopper cet enchaînement inexorable de la rationalisation du monde professionnel, qui fait référence depuis l’Organisation Scientifique du Travail ? Tatiana Arfel démontre dans son roman «Des clous» comment le paradigme taylorien ne connait pas de limite et tend à se décliner sur les moindres axes de la vie professionnelle. Elle saisit la violence de la relation individu / entreprise, avec un sens aigu de l’observation des multiples détails qu’aucun d’’entre nous ne niera avoir déjà capté ici et là. Elle met en scène avec justesse, cette infernale réalité de la mise en conformité de TOUT, et ça donne froid dans le dos ! …..

L’intégralité de l’article de Chantal BUHAGAR de CANOOE

Rationaliser le management des hommes

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l’éléphant mimosa

3 08 2011

Ma rentrée de septembre 2011 va être centrée sur un nouveau projet qui va me permettre de présenter sur une scène de théâtre mes travaux sur le management dans une forme théâtrale.

Ce type de représentation s’adresse majoritairement à un public de managers d’entreprises. Mais la violence actuelle de nombreuses situations de management en entreprise (Risques PsychoSociaux) dépassent un peu le cadre stricte du monde du travail pour venir sur le terrain de la critique sociale.

Merci de m’aider en diffusant l’information à tout ton réseau professionnel sur cet OTNI (Objet Théâtral Non Identifié) que je présente dès le 4 octobre au théâtre des Hauts de Seine à Puteaux.

Le dossier de présentation de l’éléphant mimosa

Un bulletin de réservation pour les premières représentations d’octobre et novembre

Une première version de la bande annonce présente sur You Tube (il y a encore un petit problème sur le son que l’on est en train de régler)

Le tout à diffuser sans restriction, ni limite.

Plusieurs façons de nous aider à faire vivre ce message aux entreprises et à ceux qui les dirigent :

-          Venir  et faire venir, en diffusant l’information, le maximum de monde lors des premières journées (octobre, novembre) – merci d’exprimer votre solidarité en versant les 27 euros de votre place ;

-          Faire circuler les documents et le lien (même encore imparfait) de la bande annonce à toutes les personnes que vous jugez intéressées par le sujet : le management, la communication, les risques psycho-sociaux, en diffusant l’information le plus rapidement (août, début septembre) à tout votre réseau relationnel professionnel : managers ou dirigeants d’entreprises, DRH, responsables de communication, cabinets de recrutement, d’organisation, coachs, consultants, syndicalistes, etc … ;

-          Je suis en train de remonter dans toutes les structures du triangle des Bermudes (La Défense – Puteaux – Courbevoie) et si vous pouvez m’aider à diffuser dans ce secteur géographique, c’est génial ; je compte organiser dès fin août le commerce de proximité autour de Puteaux (Nanterre, Suresnes, Neuilly) : affichage, réseaux, etc …

-          La diffusion de l’éléphant mimosa par internet (paiement en ligne) commencera dès le 4 novembre, merci de commencer à communiquer l’information à tout les réseaux professionnels en province, et à l’étranger (uniquement en langue française pour l’instant) ;

Merci encore pour votre aide et de votre soutien,

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L’éléphant-mimosa

14 07 2011

Comment le stress du manager stresse son équipe ?

Fatalité, incompétence ou incapacité ?

Pourquoi, qui est responsable, que faire ?

L’éléphant Mimosa

écrit et interprété par

Pierre-Olivier SCOTTO et Dominique DELOCHE

à partir d’octobre 2011 au théâtre des Hauts de Seine (20h)

5 rue Henri Martin 92800 PUTEAUX

Octobre : les 4, 7 et 19 (2 représentations : à 16h et à 20h) au théâtre de Puteaux

Novembre : les 4, 7, et 8 (2 représentations : à 16h et à 20h) au théâtre de Puteaux

Tarif unique : 27€

réservation :

d.deloche@process360.net

« L’éléphant mimosa » en 2 parties :

- « Et l’humain dans tout cela … ? » pièce produite par la Compagnie du Belvédère (1h20)

- Décryptage interactif avec le public, animé par Dominique Deloche (40mn)

A partir du 4 novembre, chaque représentation est retransmise en direct sur internet (payable en ligne)

Le thème

Comment les manquements en matière de management peuvent rapidement devenir source de violence au travail ?

C’est le manager stressé qui stresse son collaborateur.

Y a t’il une alternative à ce que le manager stressé reproduise, en l’amplifiant, le stress qu’il vit sur les collaborateurs qu’il encadre ?

Pourquoi et comment, sans volonté de nuire, de braves gens peuvent créer les conditions de la souffrance au travail ?

Le management, facteur de risques psychosociaux (RPS)

Peut-on faire autrement ? Comment enrayer cette mécanique destructrice ?

Quel est le coût économique et social du non-management ?

Comment, d’une situation de contrainte (le travail) peut-on faire, soit inconsciemment un sujet de souffrance, soit consciemment un sujet d’émulation ?

Lorsque que l’on parle de maladresse, d’inconséquence du manager, ou lorsque l’on parle de sa diplomatie et de son savoir-faire, de quoi parle t’on réellement ?

La pièce « L’éléphant mimosa » est une critique sociale, drôle, cruelle et didactique qui pointe les conditions de la violence au travail et démontre que ce n’est pas une fatalité.

Elle met en scène 5 situations et 15 personnages qui s’affrontent ou s’entraident, selon les cas.

L’éléphant mimosa (Mimophant) : Trait inventé par Arthur Koestler (auteur anglais – 1905/1983 – Le zéro et l’infini, le cri d’Archimède, …). « Le mimophant, expliquait-il à propos du champion d’échecs américain Bobby Fischer, est un phénomène que la plupart d’entre nous avons rencontré dans notre vie : un hybride combinant à la fois la délicate fragilité du mimosa, hypersensible quand on blesse son propre ressenti – et – le robuste épiderme d’un éléphant piétinant les sentiments d’autrui. »

Les auteurs-interprètes

Pierre-Olivier Scotto

http://www.pierre-olivier-scotto.com/

Comédien, ex-pensionnaire de la Comédie Française

Auteur dramatique (15 pièces dont « Haut comme la table » 1985, « Le mal de mère » 1995, « La belle mémoire » 2004, « Coach » 2009, « Le désir » 2010)

Réalisateur de films (dont « Le roman de Lulu »)

Dominique Deloche

http://deloche.net/

Formateur, Consultant, Coach depuis 30 ans

Spécialiste du Management de Proximité

Auteur de « Gestes et Postes du Management de Proximité » 2007, du « Coût du non-management 2011 et de la pièce « A la recherche du mode d’emploi » 1995)

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ESG Executive Education enrichit le débat sur le rôle du manager face aux risques psycho-sociaux (RPS)

21 04 2011
19 Avril, 2011
Voir la vidéo

extrait de la conférence ESG Executive du 14 avril 2011

Le centre de formation professionnelle ESG Executive Education du Pôle ESG a accueilli le 14 avril dernier, dans l’amphithéâtre de la rue Philippe Auguste, la première d’un cycle mensuel de conférences thématiques, en lien avec l’actualité et son offre formation continue.

Le débat, animé par pascal TOLLA, a fait intervenir Jean Claude DELGENES (TECHNOLOGIA), Eric BREUX (ACTENCIA Consulting), Dominique DELOCHE (ESG Executive)

Le thème des Risques Psycho-Sociaux (RPS) a été abordé sous l’angle du rôle du manager.

Le manager, du fait de sa proximité (avec son équipe), est le premier à pouvoir détecter, alerter, voire remédier aux tensions qui, si elles ne sont pas prises en compte, génèreront à terme des risques psycho-sociaux.

Les manquements et les carences managériales, tant au niveau de la gouvernance d’entreprise (direction, choix stratégiques, conduite du changement, réorganisation) qu’au niveau du management de proximité (dynamique de groupe, relation, motivation) sont susceptibles d’affecter directement le modèle économique et sociale de l’activité.

L’actualité des RPS est marquée par la présentation du rapport Gollac remis le 11 avril dernier, qui pointe des rapports de causes à effets très précis en matière de Risques Psycho-Sociaux et propose d’en mesurer les conséquences à partir de proposition sur une grille d’analyse à mettre en place.

L’ESG Executive Education propose dans son offre  formation 2 stages qui traitent des Risques Psycho-Sociaux :

Consultez toutes les photos sur l’album Flickr Conférences ESG Executive Education

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